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Nouveaux livrets d’évaluation : et les enseignants dans tout ça ?
21 octobre 2015

Les textes sur les nouvelles modalités d’évaluation des élèves à la rentrée 2016 ont été soumis au CSE le 15 octobre dernier. Le SNUipp-FSU a émis de vives réserves sur un texte comportant encore trop d’inconnues notamment pour la charge de travail des enseignants.

Dès la rentrée 2016, les enseignants travailleront avec de nouvelles dispositions d’évaluation des élèves pour le cycle 2 et 3.

- Des bilans périodiques à remettre aux familles plusieurs fois dans l’année, au choix des équipes et à renseigner à partir d’une application en positionnant l’élève sur quatre niveaux de maîtrise : objectifs d’apprentissage non atteints, objectifs d’apprentissage partiellement atteints, objectifs d’apprentissage atteints, objectifs d’apprentissage dépassés » avec des appréciations par matière et le détail des projets menés ;
- Un bilan de fin de cycle à remettre aux familles en fin de CE2 et positionnant l’élève sur les acquis des huit domaines du socle.

Des livrets harmonisés sur le cycle ? Pas vraiment pour le cycle 3

Au cours des débats au Conseil supérieur de l’éducation (CSE), et suite à un amendement, le ministère a fait préciser que l’évaluation devait s’inscrire dans la logique de cycle. Ça, c’est sur le papier. Pourtant, dans les faits, le texte continue de différencier les situations au sein du cycle 3 :

- le livret de 6éme autorise toujours la possibilité de notes, pas celui de CM1/ CM2. Pourquoi une telle différence ? La logique de cycle aurait dû conduire à une harmonisation dans un sens ou dans l’autre.
- Le livret de 6éme est présenté de manière allégée par matière, pas celui de CM1/CM2. On ne laisse pas la même liberté aux enseignants des écoles puisqu’ils sont obligés d’évaluer les sous domaines à l’intérieur de chaque matière. Par exemple pour les maths : nombres et calculs – grandeurs et mesures – espace et géométrie

C’est pour ces deux raisons que le SNUipp-FSU, favorable aux cycles n’a pas soutenu cet amendement ( déposé par l’Unsa et la sgen-cfdt) qui maintient en réalité deux livrets différents au sein du cycle 3. Rien ne justifie un traitement différencié entre les enseignants du primaire et ceux du collège.

Encore trop d’inconnues

D’une façon générale, les nouvelles dispositions présentées par le ministère comportent encore trop d’inconnues :

- Au sujet de la confidentialité des données : Nous voulons des garanties sur la sécurisation des informations contenues sur l’application « livret scolaire » et le non croisement des fichiers. Nous demandons que l’avis de la CNIL soit communiqué aux enseignants.
- Au sujet de la charge de travail des enseignants : personne n’a vu fonctionner l’application qui devra être utilisée par les enseignants. Est-elle ergonomique ? Simple d’utilisation ? A ce stade, rien ne permet de le dire.
- Au sujet de l’intérêt pédagogique : Nous n’avons aucune visibilité sur la nature et le nombre des compétences que les enseignants auront à choisir pour leur livret dans le menu déroulant de l’application nationale.

Les enseignants ont leur mot à dire

En conséquence, nous avons émis les plus vives réserves sur ce dispositif que les enseignants n’ont pas vu fonctionner. Nous avons donc refusé de voter ce projet lors du CSE. Notre position est claire. Dès maintenant, nous demandons que ces livrets soient testés par les enseignants afin qu’ils puissent les faire évoluer dans le bon sens plutôt qu’ils soient imposés d’en haut.

C’est nous, les professionnels, qui allons travailler avec ces outils, nous avons donc notre mot à dire ! Ne laissons personne décider à notre place.

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