Avertissement aux agents de droit local AEFE
Ne passez plus le CRPE !
30 mars 2016

La réussite au CRPE ne représentait déjà pas une garantie absolue, pour les agents de droit local non titulaires, de pouvoir rapidement obtenir un poste de résident dans leur établissement d’origine. L’AEFE, pour répondre aux injonctions du MENESR, renie maintenant toutes les promesses d’emploi rapide de fonctionnaire à l’étranger qu’elle a pu faire à certains agents par la voie de ses cadres locaux. Ceux qui ont cédé en particulier ces deux dernières années aux chants des sirènes s’exposent à une belle déception. Si en tant qu’agent de droit local, il vous importe tout d’abord de continuer à exercer en paix dans votre pays d’exercice, NE PASSEZ PAS, NE PASSEZ PLUS LE CRPE !!!

Le CRPE, un atout pour les agents de droit local AEFE... et pour les établissements...

Jusqu’à présent, inspecteurs, conseillers pédagogiques, collègues... recommandaient aux agents de droit local non titulaires d’aller passer le Concours de Recrutement de Professeur des Ecoles en France. Outre la formation, les avantages pour les intéressés sont indéniables : perspective de carrière dans la fonction publique, possibilité de recrutement prioritaire sur poste de résident dans leur ancien établissement dès titularisation grâce à une dérogation, amélioration salariale souvent immédiate, ainsi qu’amélioration de la protection sociale, cotisation au régime des retraites de la fonction publique...

Mais ces avantages bénéficiaient aussi, par ricochet, aux établissements du réseau : garantie de conserver durablement des titulaires formés dans les zones les plus difficiles du globe puisqu’habitués de longue date aux difficultés liées aux conditions de vie locales, enseignants formés en France récemment pouvant servir de relais vers leurs collègues.... Certains pays, comme la Tunisie ont mis en place des dispositifs exemplaires permettant à ces agents d’accéder à la fonction publique.

Les agents consentaient au sacrifice d’une année obligatoire de formation en France, qui impliquait souvent séparation familiale pas évidente à gérer. Le problème de l’éloignement se révèlait être pour certains une vraie difficulté.

Au moment du détachement sur support résident, des problèmes surgissaient aussi, car depuis deux ans certaines académies déficitaires émettent systématiquement avis négatif malgré les priorités au recrutement accordées par l’AEFE. Les responsables SNUipp, qu’il soient du HDF ou départementaux, ont mené et mènent encore des longs combats d’accompagnement des dossiers : si des succès ont été finalement obtenus, nous n’avons pu hélas avoir gain de cause dans tous les cas.

voir l’article sur le détachement

Parfois même se créaient des difficultés lors du "retour au pays". En fonction des disponibilités, il fallait pour l’agent accepter un poste de résident pas toujours dans l’ancien établissement d’exercice, avec obligation d’y rester trois ans... Parfois aussi, il se retrouvait à nouveau agent de droit local, dans l’attente d’un poste de détaché...

voir l’article sur la titularisation des agents de droit local

Les sacrifices consentis continuaient toutefois à en valoir la peine dans l’attente d’une amélioration de traitement et donc des conditions de vie.

Face aux très lourdes menaces qui pèsent depuis février 2016 sur ces possibilités, le SNUipp HDF lance, à son plus grand regret, un avertissement solennel aux agents de droit local désireux de passer le concours.

CRPE : danger !!!

Est-ce par souci de s’éviter des complications ? Est-ce par envie de faire passer le rouleau compresseur de la "même règle pour tous" ? Toujours est il que le MENESR vient de décider qu’il n’accordera plus de détachement et ce quel que soit le département d’origine, aux ex agents de droit local lauréats de concours tant qu’ils n’auront pas réalisé deux années en France. L’AEFE lui emboîte le pas et malgré un moratoire pour la rentrée 2016 nous annonce qu’à la rentrée 2017 les collègues n’ayant pas réalisé les deux années après titularisation ne pourront pas se voir proposer de poste. Proposition soumise nous a-t-on dit à discussion en dialogue social, mais quand on voit la qualité des échanges à ce sujet et la capacité d’écoute actuelle de l’AEFE, on a du souci à se faire... Les propos tenus par le directeur de l’AEFE en visite à Athènes ont confirmé la direction prise...

Les excuses servies par les agents de la DGRH du MENESR sont habituelles : le fonctionnaire est recruté dans son académie d’origine pour l’Education Nationale et a vocation à y servir et à retourner en France, le détachement à l’étranger n’est pas un droit, il y a dans certains départements réelle pénurie de postes...

On pourrait presque les comprendre, mais on fait bon marché dès maintenant des situations des collègues ! En effet, se retrouvent pris au piège tous les ex recrutés locaux lauréats de concours a qui on n’a pu proposer poste de résident en 2016 ou les années précédentes. Le MENESR a eu beau parler de traitement au cas par cas des situations pour la dernière rentrée 2016, les réponses encore une fois des départements déficitaires ont d’ailleurs été lamentables.

Et si on change les règles du jeu, ayons au moins la décence d’avoir prévenu les collègues ! La logique voudrait donc au minimum que l’on n’applique les nouvelles règles qu’à tous ceux désirant passer le concours en 2017, donc pas avant septembre 2018 !

La seule garantie que nous ayons obtenue en interrogeant plusieurs fois le MENESR (et elle n’est que verbale), c’est que les agents actuellement détachés n’ayant pas réalisé deux ans en France après titularisation ne verront pas remettre en question leur renouvellement de détachement.

Le SNUipp a déjà averti l’AEFE que les agents de droit local ne seraient certainement pas disposés de toute façon à investir trois ans de leur vie (année de formation plus deux ans en France) pour des garanties de postes incertaines, les académies déficitaires continuant à renâcler sur les détachements, et l’AEFE et le MENESR n’étant de toute façon même pas capable de se mettre d’accord sur le nombre d’années d’exercice minimum (deux ou trois ans ?)

Dans l’attente de discussions à l’AEFE dont on ne sait même pas si elles seront validées par le MENESR, la consigne syndicale aux agents de droit local est hélas dramatiquement simple : à moins d’être prêt à passer trois ans et très certainement beaucoup plus en France, si vos attaches sont indissolublement dans votre pays d’exercice, NE PASSEZ PAS, NE PASSEZ PLUS LE CRPE !