Écrire la ville
« Nantes, je t’ai longuement observée… »
7 mai 2016

A Nantes, des CM1-CM2 découvre leur ville et son patrimoine par le biais d’un projet alliant architecture, art et écriture.

Bellevue, on n’est pas très loin du centre historique de Nantes. Pourtant dans ce quartier populaire, nombreux sont ceux qui n’ont pas accès au riche patrimoine de la ville. «  Certains de nos élèves n’ont jamais visité le château des Ducs de Bretagne  », raconte Cécile Lehuédé, enseignante à l’école Alain Fournier, classée en REP +. «  Le quartier est excentré et il y a peu de mixité sociale et culturelle  » poursuit-elle. Alors, quand Cécile a vent du projet «  l’observatoire de la ville  » qui propose une approche de Nantes et de son patrimoine par le biais de l’architecture, l’art et l’écriture, elle y inscrit sa classe de CM1-CM2 sans attendre. Au total cette année, ce sont six classes de 4 écoles de la ville qui participent à cette deuxième session du projet initié par la municipalité, l’ARDEPA, une association de diffusion et de promotion de l’architecture et l’association culturelle ARTABAN.

Les élèves de Cécile ont d’abord beaucoup observé. Sortie sur le toit de l’école d’architecture pour découvrir autrement la ville et ses environs et faire une écriture de terrain  ; visite de son propre quartier pour découvrir qu’à côté des immeubles, il y a aussi des villas, pour dessiner une fenêtre, une façade et imaginer par écrit ce qui se passe derrière… Ouvrir le regard, changer de point de vue, décrypter les différentes fonctions de la ville pour mieux se l’approprier. «  Les élèves découvrent des choses sur leur environnement et leur regard est plus affuté et critique pour analyser ensuite des paysages ou des photographies en géographie  », note Cécile.

La ville réelle, la ville rêvée

Maintenant la classe prépare un livre animé géant, un «  pop-up  » pour représenter le quartier de Bellevue dans ses différentes dimensions urbaines, en y injectant des idées d’une ville utopique. Le travail d’écriture se poursuit et il est fondamental pour la maîtresse. « Le projet irrigue vraiment toute la production d’écrits de la classe, se félicite-t-elle, c’est un domaine que j’avais du mal à enseigner, mais là, les élèves se lancent avec plaisir dans l’écriture malgré leurs difficultés. Les progrès sont palpables.  »

Aujourd’hui ils écrivent à leur ville et leurs lettres seront mises en voix et lues devant les autres participants au projet en fin d’année  : « Nantes, je t’ai beaucoup observée, voilà ce que je pense de toi … »