De tous côtés notes, rapports et dossiers pointent le retard que prend la France sur la médecine scolaire et l’éducation à la santé.
En novembre dernier les députés Martine Minville et Gérard Gaudron appelaient, dans un rapport sur la médecine scolaire, à des mesures urgentes pour rénover un dispositif à l’abandon et recruter des personnels. Dans la suite de ce travail une note de la sénatrice du Finistère Maryvonne Blondin détaille le système de médecine scolaire en Belgique, au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède. Le ministère a publié au BO du 15 décembre une circulaire sur la politique de santé, circulaire qui n’apporte aucune nouveauté. Les priorités rappelées ont de bonnes chances de rester lettre morte tant les moyens sont insuffisants.
Maryvonne Blondin signale que dans les 4 pays cités ci-dessus le niveau de rémunération des personnels de santé scolaire (infirmières et médecins) est bien supérieur aux salaires français. De plus, l’Etat marque de façon manifeste l’importance qu’il attache à leurs missions : promotion de la santé « dans un environnement scolaire favorable et sa préservation durable », suivi médical des élèves, examens périodiques.
Que ce soit dans le domaine de la santé des élèves, dans celui de la santé des professionnels, ou dans la nécessaire promotion d’une véritable éducation à la santé, on ne peut que dresser « un constat d’insuffisance en France », comme l’a fait l’Ifé dans un dossier de décembre dernier. En France un médecin « de seconde classe » débute à 1784€, ce qui explique pour une grande part la désaffection constatée. Aujourd’hui le secteur d’un médecin scolaire comprend en moyenne 7 900 élèves alors qu’il en comptait 4 823 en 2004. Dans le même temps le nombre de médecins scolaires est passé de 2121 à 1 228 soit une chute de 42% !