Programmes 2008
Mathématiques : La technique d’abord, le sens plus tard...
22 septembre 2013
  (2 votes)

Le programme apparaît excessivement centré sur les techniques et ne laisse plus de place aux manipulations et à la découverte par les élèves ; un accent trop important est mis sur les techniques opératoires au détriment de la résolution de problèmes qui a disparu, le programme et la progression sont en contradiction sur la question de la division.

Ce que disent les programmes de 2008

On assiste à un véritable alourdissement du programme. Des notions étudiées jusqu’ici en collège sont intégrées dans le programme de l’école, marqués en particulier par un avancement de l’introduction des opérations posées : multiplication de 2 nombres décimaux (de la 6e vers le CM2), division décimale de 2 entiers (de la 6e vers le CM1), hauteur du triangle (de la 5e vers le CM1), cylindre, prisme (de la 5e vers le CM1 et le CE1 pour le cylindre), périmètre du cercle (de la 6e vers le CM2), volume du pavé droit (de la 6e vers le CM2), aire du triangle (de la 5e vers le CM2), règle de trois (de la 5e vers le CM1), avec l’utilisation des outils (équerre au CP) jugée trop précoce. Le programme apparaît excessivement centré sur les techniques et ne laisse plus de place aux manipulations et à la découverte par les élèves ; un accent trop important est mis sur les techniques opératoires au détriment de la résolution de problèmes qui a disparu, le programme et la progression sont en contradiction sur la question de la division.

Points de vue

Roland Charnay, formateur à l’IUFM de Lyon
« La technique posée de la soustraction sera donc exigée à la fin du CP ! À l’évaluation à l’entrée au CE2, en 1992, alors qu’il était enseigné en CE1, le calcul posé de 53 – 37 n’était réussi que par 30 % des élèves. L’analyse des difficultés de cette technique et l’analyse des connaissances à maîtriser préalablement pour pouvoir la comprendre et en mener à bien l’exécution, montrent qu’il est illusoire d’espérer la faire apprendre intelligemment avant le CE2. Il faudra beaucoup d’entraînement « ânonnant » pour les élèves et de patience pour les enseignants pour que cela devienne possible… et vite insupportable au CP »

Rémi Brissiaud, didacticien des mathématiques

  « À l’évidence, la logique qui a guidé les rédacteurs du projet est la suivante : ils pensent qu’il faudrait d’abord faire apprendre par cœur les tables aux enfants, ensuite exercer les opérations en colonnes (en augmentant progressivement le nombre de chiffres) et enfin résoudre des problèmes. C’est une conception antédiluvienne de la pédagogie des mathématiques ! Le symbole du caractère rétrograde de cette conception pédagogique est évidemment le traitement qui est réservé dans ce projet à la multiplication par 2 et 5 au CP et à la division par ces mêmes nombres au CE1. »

voir aussi :
- un interview de Rémi Brissiaud sur la baisse des performances en calcul des écoliers français

Lire aussi :
- Le comptage mécanique en GS un frein à la réussite en calcul