Madagascar : non assistance à réseau en danger !
11 juin 2012

Alors que dans la capitale, au sein de l’EGD, l’administration annonce l’ouverture d’une section internationale, que les discours sont plus confiants quant à une sortie de crise, pendant que les effectifs des écoles et du Lycée de Tana sont en hausse, pendant ce temps, les établissements de province agonisent, presque en silence... Les écarts se creusent, un système d’éducation à deux vitesses se confirme.

Madagascar : le réseau dans la tourmente !

Tuléar, Diégo et Fianarantsoa perdent énormément d’élèves. Les finances des structures sont malmenées. Bien sûr il y a la crise, les familles qui quittent les villes de province pour la capitale, la Réunion ou la France. C’est une réalité. La volonté affichée de l’AEFE de centraliser l’enseignement français sur Tananarive, une autre réalité. Les décisions de fermeture des sections lycées de Fianarantsoa, puis de Diégo, quoi que l’administration nous en dise, ont contribué à la perte de confiance des familles envers la pérennité des établissements et à leur départ. A Diégo et Tuléar, les nouvelles mesures et le mode de calcul de l’attribution des bourses a abouti à plusieurs dizaines de désinscription. Certains dossiers sont encore en attente. Les décisions de réduction d’exonérations précédemment accordées pour la scolarité des enfants des personnels recrutés locaux ont également engendré des désinscriptions en nombre important. Notre système génère lui-même ses pertes. Certes, les critères sont là … Mais les critères ont changé, et la logique affichée, dans un objectif de valorisation de la langue et de la culture française, est bien un enseignement d’excellence, centré sur Tananarive, bien visible. Il n’est plus question d’éducation de proximité et on s’étonne même que l’on parle encore de « continuité du service public à l’étranger ». Pour la province qui compte parmi ses effectifs une très grande majorité d’enfants bénéficiant des bourses, pour la plupart binationaux, on parle « d’entreprise privée ». Déjà, ça et là, on évoque le déconventionnement, on parle de la nécessité de miser sur les personnels enseignants locaux, et celle de supprimer des postes de résident, décidément très coûteux… Les statuts des personnels sont mis en opposition. C’est regrettable ... Et pourtant, les recrutés locaux ne sont pas épargnés ; conditions de travail, précarité des emplois cumulés à une gestion financière difficile du à la crise économique locale. La seule logique financière règne et focalise l’attention dans les écoles. Ce que l’on nous dit « tout à fait admissible » en termes d’effectif de classe, de taux d’encadrement ou de structure pédagogique ici ne le serait pas à Tana. Mais nous ne parlons pas du même public. Dit comme ça, c’est vrai, ça dérange… Et pourtant. DIEGO, FIANARANTSOA et TULEAR se verront proposer la suppression d’un poste supplémentaire de Résident à la rentrée prochaine. Le secondaire n’est pas épargné.

Si la baisse des effectifs entraîne automatiquement des réductions dans les équipes éducatives, il est un niveau en dessous duquel l’automatisme ne fonctionne plus, quand le fonctionnement pédagogique est en danger, conséquence des hausses d’effectifs par classe, de choix de structure contraints dans un budget trop serré.

L’AEFE promet des aides quant aux remontées financières liées aux salaires des Résidents ; une fois que l’établissement aura supprimé ces mêmes supports… On tire vers le bas. Les déconventionnemnts rôdent. Et s’il n’y a pas de réel désir institutionnel de fermeture des établissements de province, rien n’est réellement fait pour les accompagner dans la tourmente. Qu’on ne s’y trompe pas, la pente est descendante et les structures de province ne s’en sortiront pas sans une réelle aide de l’AEFE.

Pour le SNUipp, il est impossible d’envisager la mise en place de ce système éducatif à deux vitesses. Le rayonnement de la langue française, culturel et éducatif ne doit pas faire de différence. Comment le pourrait-il ?