Les professeurs stagiaires le demandent : il faut une formation professionnelle des enseignants
12 avril 2012

Comme l’an passé, le SNUipp-FSU a donné la parole aux Professeurs des écoles stagiaires pour recueillir leur appréciation concernant leur entrée dans le métier.

Avec 23,8 % de participants, cette enquête à grande échelle permet de mesurer les évolutions du côté du vécu des stagiaires alors même que le ministère avait défini des nouvelles modalités d’accompagnement : accueil de 5 jours maximum avant la rentrée, disparition de la formation accompagnée de septembre aux vacances d’automne.

A l’évidence, les aménagements proposés ne convainquent pas les intéressés. Plus de 7 PES sur 10 continuent de juger que leur formation n’est pas suffisante. Ils sont même 41,3 %, contre 35,5 % l’an dernier, à la considérer comme vraiment « insuffisante ». Certaines critiques sont renforcées : manque de préparation aux différents niveaux de classe ( de 57,7 % en 2011 à 62,2 % ) , charge de travail (de 58,4 % en 2011 à 59,7 %) . Une autre critique fait une percée : la confusion entre temps de formation et temps d’évaluation ( de 24,4 % en 2011 à 34%) au sujet des visites de formateurs. Plus nombreuses cette année, elles visaient à compenser le non respect du tiers-temps réglementaire de formation. Une récente enquête du SNUipp-FSU montrait que cette insatisfaction était également vécue par les formateurs eux-mêmes. Enfin, avides de réelles améliorations, à 98 %, les PES plébiscitent de nouvelles modalités pour l’année de stagiaire, privilégiant une prise de fonction progressive alternant stages en classes et retours en formation.

Ce bilan constitue une pièce supplémentaire à verser au réquisitoire déjà conséquent de l’échec de la réforme de la formation des enseignants. Il est temps de tourner la page et de rouvrir sérieusement le chantier.

A la prochaine rentrée, le SNUipp-FSU demande des mesures d’urgence :

Pour les stagiaires de la rentrée 2012 :

- A la rentrée, aucun PES ne doit débuter seul en classe. La mise en responsabilité face aux élèves doit s’opérer de manière progressive
- Offrir à minima le tiers-temps de formation de 12 semaines
- Proposer des temps de regroupement à l’IUFM pour l’analyse des situations professionnelles vécues (gestion de classe, travail en groupe, classe multi-niveaux, progressions, différenciation pédagogique, autorité, évaluation, relation aux familles …), l’approfondissement disciplinaire et didactique, la formation aux différentes facettes du métier comme l’apprentissage de la lecture, du langage, la psychologie de l’enfant, la spécificité à l’école maternelle, la scolarisation des enfants en situation de handicap…).
- Proposer des parcours de formation adaptés au cursus des stagiaires ( en fonction du type de master, des stages effectués, précédemment... ) qui leur permettent de s’exercer dans tous les cycles et de rencontrer une diversité de terrains (ruralité, environnement social…)

Pour les stagiaires des rentrées 2011 et 2010 :

- Mettre en place des compléments de formation

D’une manière générale, des discussions doivent s’ouvrir pour reconstruire une véritable formation professionnelle des enseignants : elle devra être conçue selon un continuum intégrant des modules de préprofessionnalisation dès la licence, un concours avec des épreuves disciplinaires et professionnelles, l’organisation d’une véritable alternance progressive en M1 et M2, la reconnaissance de la formation par un master.

Paris, le 12 avril 2012

Lire aussi :
- le dossier de presse
- formation : ce que disent les stagiaires