Dossier "Évaluation des élèves : dépasser la mesure"
Les pratiques analysées
12 janvier 2015

Le rapport de l’Inspection Générale* dresse un état des lieux critique des pratiques de notation et d’évaluation des acquis des élèves, éclairé par des comparaisons internationales.

« Les démarches sont peu cohérentes, les pratiques d’évaluation le plus souvent individuelles et donc très hétérogènes : on ne sait pas ce que l’on évalue et les niveaux de performances ne sont pas définis » c’est ce qui ressort d’un rapport de l’Inspection Générale sur l’évaluation des élèves publié en octobre 2013. Les inspecteurs soulignent des pratiques très diverses et au-delà des différents systèmes qui se croisent et s’empilent, ils relèvent que « l’absence de différenciation entre évaluation formative et sommative est récurrente. Le mélange des deux empêche les enseignants de connaître le niveau des acquis des élèves et donnent à ces derniers le sentiment d’être en contrôle permanent, ce qui engendre une forme de « stress » pour certains.  » Les systèmes de notation quant à eux diffèrent selon les cycles et les fonctions de l’évaluation. Absente ou exceptionnelle en maternelle, présente dans moins d’une école sur trois en élémentaire, la notation chiffrée à l’école primaire est désormais un « épiphénomène » constate le rapport. Les notes ne deviennent régulières qu’à partir du CM1 et au CM2, afin de préparer au collège. Ce recours aux notes serait par ailleurs plus courant dans les secteurs urbains favorisés. Les appréciations écrites restent le vecteur permanent dans la notation et l’évaluation. Elles servent à indiquer les progrès et semblent confirmer selon le rapport ce déclin de la notation pour des pratiques visant à encourager les élèves. Cependant, le rapport met en Le rapport de l’Inspection Générale* dresse un état des lieux critique des pratiques de notation et d’évaluation des acquis des élèves, éclairé par des comparaisons internationales. rapport les pratiques analysées avant « la calligraphie peu soignée, des commentaires trop sibyllins ou des items trop complexes qui rendent peu explicite leur intérêt. » Pour les inspecteurs, le cadrage national en matière d’évaluation est insuffisant et doit se doubler d’un pilotage local efficient. Ils recommandent de distinguer évaluation pour apprendre et évaluation des acquis, de différencier les attendus des exigibles et de faire évoluer les missions des professeurs des écoles et de collège afin d’assurer la concertation et le travail en équipe pédagogique.

* « La notation et l’évaluation des élèves éclairées par des comparaisons internationales » Rapport à Monsieur le ministre de l’éducation nationale n° 2013-072 Juillet 2013

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- Les pratiques analysées
- Deux questions à Nathalie Mons : « Une réflexion sur la nature des épreuves »
- Une équipe à Saint-Seurin (33) : Travail à la carte
- Maternelle à Chateauroux (36) : Apprendre avant d’évaluer
- Entretien avec Bernard Rey : « Pas un discours sur l’élève mais un discours à l’élève »