Evaluations CEDRE
« Les compétences en lecture pèsent sur les résultats en sciences »
8 septembre 2014

3 questions à Bruno TROSSEILLE, chef du bureau de l’évaluation des élèves à la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance)

« Les compétences en lecture pèsent sur les résultats en sciences »

Quelle analyse faitesvous de l’étude CEDRE 2013 sur les acquis des élèves en sciences en fin de primaire depuis 2007 ?

On constate que le niveau des acquis des élèves est resté stable entre 2007 et 2013. De même la répartition dans les six groupes de niveau constitués est identique. Que l’on considère les connaissances en physique ou sur le monde du vivant, ou les habiletés à raisonner par exemple, le taux de réussite des élèves est resté sensiblement le même. Ce sont toujours les mêmes notions, comme « Lumière et ombre » et « modes de reproduction des êtres vivants » qui restent les moins bien maîtrisées par les élèves. En 2013, de nouveaux items ont été introduits notamment dans les domaines de l’éducation au développement durable, de l’unité et de la diversité du vivant, du fonctionnement du corps humain et de l’énergie. L’étude montre déjà des performances inégales et des taux de réussite allant de 56 % à 68 %.

Quel est l’obstacle principal à une meilleure réussite des élèves ?

Comme on a déjà pu l’observer dans de précédentes évaluations, les compétences en lecture et les compétences langagières pèsent sur les résultats. Les élèves les plus faibles en maîtrise de la langue sont pénalisés en sciences par leurs difficultés de compréhension et de production d’écrit. Pour ces élèves, on constate plus de 40 % de non-réponse aux questions où il faut construire une réponse. De même, dans les situations expérimentales, 50 % des élèves ne répondent pas à des questions nécessitant une production, qu’il s’agisse d’une explication ou d’un schéma.

Quels sont les défis auxquels sont confrontés les enseignants et comment y faire face ?

Les enseignants, s’ils soulèvent pour un tiers d’entre eux le manque de formation continue, mettent en avant les conditions de mise en oeuvre au sein des classes. Le manque de matériel ou les contraintes spatiales expliquent en grande partie les difficultés liées à cet enseignement. D’autre part, certaines notions, comme le corps humain ou le vivant, leur semblent plus faciles à enseigner, alors que d’autres, comme les objets techniques ou l’énergie leur semblent plus complexes à transmettre aux élèves. Pour finir, au-delà des notions, il leur apparait comme essentiel pour une meilleure réussite des élèves de leur donner le goût des sciences mais aussi de développer une rigueur scientifique qui passe par l’acquisition des connaissances.

A consulter :

- La note de la DEPP