Dossier : " Fonctionnement de l’école : Quelle direction ?"
Le temps fait tout à l’affaire
12 novembre 2013

Pour les 9 056 personnes dont 7 499 directeurs et directrices consultées par le SNUipp, les choses sont claires : les discussions ouvertes par le ministre ne peuvent déboucher sur un énième statu quo différant encore des décisions qui s’imposent pour améliorer la direction et le fonctionnement de l’école. Avant toute chose, c’est la question du temps qui apparaît prioritaire. 87,69 % des personnels , croulant sous des missions de plus en plus nombreuses et des tâches chronophages, réclament du temps de décharge et l’allégement de leur emploi du temps avec entre autres l’exonération de l’APC pour pouvoir mieux faire leur travail. La deuxième demande (84,22%), commune à toute une profession frappée pour la quatrième année par un gel du point d’indice est celle de la reconnaissance salariale. Le troisième élément fort de l’enquête (78,04%) est le rejet d’un volet administratif toujours plus accaparant pour des directrices et directeurs qui souhaitent se recentrer sur les missions d’animation d’équipe qu’ils estiment fondamentales pour améliorer la réussite des élèves. Enfin, si la formation à la fonction de directeur reste une préoccupation importante (63,33%), les questions de recrutement et d’affectation, mises sur le tapis par le ministère, sont loin d’apparaître essentielles sur le terrain (19,64% et 18, 48%).

Temps : Plus de décharge

Disposer de davantage de temps reste la priorité pour une écrasante majorité de directeurs (87,69%). Pour cela, ils souhaitent un abaissement des seuils de décharge (70,93%) mais également une décharge pour les écoles de moins de 4 classes (67,68%). Ils réclament aussi une exonération des heures d’APC (73,36%) qui les obligent à repousser le travail de direction sur du temps personnel. Christine Gaudin, directrice d’une école maternelle à 3 classes en Indre et Loire, ne bénéficie d’aucune décharge : « Dans mon école à 3 classes pour 81 élèves, il y a 4 enseignants, 4 ATSEM et 3 personnels de cantine. Il s’agit pour moi d’organiser, d’animer une équipe de 10 personnes… ». Bénéficier de personnel administratif lui permettrait aussi de dégager du temps pour « en accorder aux parents car c’est aussi les respecter ». Ce manque de temps entraîne des bricolages « locaux » qui justifient pleinement les demandes du SNUipp-FSU en terme de décharge. Christine avance une idée simple : « Le temps de réunion avec les mairies, tout ce qui est « hors éducation Nationale » pourrait être défalqué des 18h d’animations pédagogiques. Cela se fait dans mon département pour 6 heures. »


Allègement des charges administratives : un choc de simplification

Parmi les principales préoccupations des directeurs, la nécessité d’un choc de « simplification administrative » et d’un allègement du travail administratif, 82,54% y sont favorables. Ils et elles sont 62,39% à souhaiter la création d’un vrai métier « d’aide au fonctionnement de l’école » et 59,8% la création d’un « vrai métier d’assistance administrative ». Sylvie Ferrié, directrice d’une école élémentaire à 11 classes dans l’Hérault, ne veut pas « plus de temps, mais moins de travail administratif pour me concentrer davantage sur le pédagogique. À chaque nouveau ministre, de nouvelles tâches administratives s’empilent sur un millefeuilles dont on n’enlève jamais rien ». Lasse de cette surcharge, elle applique la consigne du SNUipp- FSU : « je réponds quand j’ai le temps ». Elle s’interroge sur « l’intérêt de tout doubler, informatique et papier, de certaines enquêtes et documents exhaustifs lourds à remplir et que personne ne lira, comme les dossiers de passage en 6e, ou qui ne serviront à rien en cas de problème, comme les PPMS ». « Alors que parfois tout pourrait se régler par un simple coup de fil ! » dit-elle un rien désabusée . Elle ressent aussi un manque de confiance : « On passe plus de temps à rendre compte de ce que l’on fait qu’à le faire ! »


Reconnaissance salariale : augmenter la bonification indiciaire

La connaissance financière de la charge de travail est la deuxième grande priorité des directeurs, 84,22 % la souhaitent vivement. L’augmentation de la bonification indiciaire emporte l’adhésion de 80,56 % des personnes interrogées (64,2% la jugeant « extrêmement prioritaire »). Viennent ensuite la revalorisation de la part fixe de l’indemnité (78,41 %), l’accélération du déroulement de carrière (72,22 %) et la revalorisation de la part variable de l’indemnité (61,41 %). Pour le plus grand nombre donc, reconnaître la fonction c’est aussi la revaloriser. Pour Richard de Angelis, directeur d’une Ecole Maternelle à 3 classes dans les Bouches du Rhône, la reconnaissance financière actuelle est porteuse de beaucoup d’injustice : « Les directeurs qui n’ont pas de décharge, donc plus de travail sur leur temps personnel, ont les plus faibles indemnités ! ». Il évoque l’accélération de carrière : « Il faudrait, une bonification sur l’avancement pour les directeurs comme un raccourcissement du temps passé dans les échelons. Un an de direction pourrait compter 1 an ½. Cette promotion accélérée revaloriserait aussi notre retraite. ».

SOMMAIRE DU DOSSIER :

- Présentation du dossier " Fonctionnement de l’école : Quelle direction ?"
- Chantier direction : le SNUipp-FSU affiche clairement ses priorités.
- Le temps fait tout à l’affaire
- En bref
- Au quotidien : Une fonction sous tension
- Un temps de décharge minimal
- Faire évoluer la fonction de direction, une priorité !