Numérique éducatif
Le tableau blanc ne fait pas le printemps pédagogique
5 avril 2016

Une récente étude sur l’utilisation des TBI vient relativiser leur impact en matière de pratique enseignante.

« Certains outils technologiques, comme le TBI, sont possiblement plus complexes et chronophages à intégrer que d’autres en salle de classe. » Une enquête réalisée par Thierry Karsenti, un chercheur québécois, tire le bilan de l’équipement de la quasi-totalité des classes du Québec en tableaux blancs interactifs. Si 73,6% des enseignants disent préférer cet outil au tableau noir, plus de la moitié ne s’en servent jamais ou rarement. La plupart l’utilisent en fait comme un simple écran de projection et rares sont ceux qui profitent de son interactivité (1,4%). Problèmes techniques qui obligent les enseignants à prévoir aussi une séance sans TBI ; inadéquation avec les usages pédagogiques des maîtres car, selon le chercheur, le TBI « visse l’enseignant devant la classe dans une posture magistrale » ; manque de formation ou rejet devant le caractère obligatoire de l’équipement, les raisons ne manquent pas pour expliquer ce désamour. Et le chercheur de conclure qu’« on a bien mis la charrue avant les bœufs » en investissant dans le matériel sans tenir compte des pratiques réelles des enseignants.

Une meilleure efficacité du système ?

De quoi relativiser les conclusions d’un récent rapport de l’institut Montaigne, le think tank libéral, pour qui le numérique peut améliorer les performances de l’école en favorisant une « acquisition plus systématique et efficace des savoirs fondamentaux ». Interrogé par le Café pédagogique, le spécialiste du numérique éducatif André Tricot note le caractère « militant » du discours de l’Institut car dit-il « si l’efficacité d’un système éducatif ne tenait qu’aux outils pédagogiques utilisés ce serait simple ! »

Lire :
- l’étude de Thierry Karsenti