Retraite
Le rendez-vous décisif du 12 octobre
3 octobre 2010

Avec 3 millions de personnes manifestant samedi 2 octobre contre la réforme des retraites, la mobilisation entamée le 24 juin ne faiblit pas. Alors que débute demain le débat au Sénat et malgré la surdité du gouvernement, tous les syndicats font de la réussite du 12 octobre une des clefs du conflit.

Près de 3 millions de manifestants dans les rues, 220 manifestations à travers toute la France, la troisième journée de mobilisation contre le projet de réforme des retraites samedi 2 octobre aura de nouveau été d’une très grande ampleur. Après les grèves et manifestations du 7 septembre (2,5 millions de personnes) et du 23 septembre (3 millions de personnes), la détermination de la population face à une réforme jugée injuste et inefficace ne faiblit pas. Les organisations syndicales qui appelaient toutes à cette action, auraient eu de quoi se réjouir si n’était cette obstination du gouvernement à ne rien voir, à ne rien entendre ou presque. Alors que le ministère de l’Intérieur avait annoncé ses chiffres avant même le départ des cortèges de l’après-midi jeudi 23 septembre, il a de nouveau produit samedi un décompte rétréci du nombre de participants, en recensant 899 000 sur l’ensemble du territoire national. Cette « divergence » systématique pourrait prêter à sourire si elle ne servait pas à justifier une posture rigide qui s’apparente désormais à un déni de l’expression d’une majorité de la population.

Le retrait du projet seule issue acceptable

310 000 manifestants à Paris, 150 000 à Marseille,, 130 000 à Bordeaux, 125 000 à Toulouse, 40.000 à Lyon, 70.000 à Grenoble,… La liste est longue des cortèges massifs. " L’intersyndicale unie qui avait proposé aux salariés et à l’ensemble de la population de s’exprimer fortement un week-end lors de manifestations organisées dans toute la France a donc réussi son pari » a estimé Bernadette Groison, la secrétaire générale de la FSU. Les manifestants ont répondu à l’appel des organisations syndicales qui exigent le retrait du texte et l’ouverture de véritables négociations pour une réforme des retraites juste socialement et efficace économiquement, qui ne fasse pas porter l’essentiel de la charge du financement du système aux salariés et aux employés.

Des raisons supplémentaires de poursuivre de la mobilisation

Les syndicats maintiennent donc leur appel à une « nouvelle journée massive de grèves et de manifestations » le mardi 12 octobre. Le texte issu du vote des députés le 15 septembre arrive en débat chez les sénateurs demain mardi 5 octobre. Les « aménagements » « promis » sur la pénibilité ou les mères de trois enfants, même s’ils constituent quelques avancées, ne règlent en rien le problème de fond. Ils ne touchent pas non plus au recul de deux ans de l’âge légal de départs à la retraite et de l’âge de la pension à taux plein sans décote. L’annonce mercredi 29 septembre d’un projet de budget 2011 faisant supporter la réduction des déficits publics sur l’emploi publics et sur la fiscalité de nombreux ménages vient encore aggraver les effets d’une politique qui épargne les plus hauts revenus. Dans ce climat, le rendez-vous du 12 octobre apparaît comme un rendez-vous capital pour le devenir d’un mouvement social qui n’a cessé de s’amplifier depuis le 24 juin dernier.

Manifestations le 2, grève le 12 octobre

Communiqué de presse SNUipp du 8 octobre sur la mobilisation des enseignants des écoles le 12 octobre

Le 16 octobre, journée nationale de manifestations à l’appel de l’intersyndical