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Le « plancher de verre » des enfants de milieux aisés
28 août 2015

L’origine sociale a un impact sur le devenir professionnel des individus. La chose est connue mais une récente recherche britannique confirme, s’il en était besoin, que ce phénomène est indépendant des compétences initiales des enfants.

C’est le résultat d’une enquête au long cours menée auprès de 17 000 enfants nés en Grande-Bretagne en 1970. On a mesuré leurs aptitudes cognitives à l’âge de 5 ans et on a suivi leur évolution sur le marché du travail jusqu’à l’âge de 42 ans. Conclusion : « les enfants de milieux aisés dotés de faibles capacités scolaires à l’âge de 5 ans ont 35% plus de chances de percevoir un salaire élevé à l’âge de 42 ans que ceux de milieux défavorisés montrant au même âge des signes précoces de haut potentiel ». Le rapport explique que les parents de milieux aisés jouent un rôle déterminant dans l’avenir de leurs enfants en leur fournissant un « plancher de verre » qui les empêche de descendre dans l’échelle sociale même s’ils sont dotés de faibles capacités scolaires. Ayant un niveau d’éducation souvent élevé, ces parents peuvent aider scolairement leurs enfants mais aussi leur transmettre des compétences sociales et émotionnelles en cultivant des comportements scolaires adaptés ou une meilleure estime de soi. Ils peuvent également les guider dans le choix des écoles et de leur orientation. Des atouts et une manière de « thésauriser les meilleures opportunités dans le système d’éducation et sur le marché du travail » qui échappent aux parents de milieux défavorisés. Ici donc, comme ailleurs, c’est plutôt à un plafond de verre que se cognent les familles les moins en connivence avec l’école.

Lire
- Une synthèse de l’étude (En anglais)