Fenêtres sur Cours spécial langues régionales
Le francique : mauvaise définition linguistique et déni de démocratie
13 janvier 2014

Le francique (le « platt ») est parlé par près de 300 000 personnes en Moselle, et par des centaines de milliers de personnes en Allemagne, au Luxembourg et en Belgique. Cette langue germanique véritablement différente et plus ancienne que l’allemand a été apportée par les Francs. Pourtant, depuis la loi Savary de 1982 la reconnaissance de cette langue se heurte à un déni officiel permettant à l’institution scolaire de développer un enseignement approfondi de l’allemand à l’école à la place du Platt. En 1984, le luxembourgeois est déclaré langue nationale au Luxembourg. Mais à Strasbourg, le recteur Deyon énonce son fameux postulat : « L’allemand standard est la langue de référence écrite de l’ensemble des dialectes alsaciens ». Ces déclarations vont sceller le destin divergeant de l’enseignement du francique en Moselle.

L’enseignement de l’allemand au détriment du francique

Dans l’Éducation nationale, la situation alsacienne sera plaquée artificiellement sur la situation mosellane. Au début des années 2000 l’Éducation nationale crée l’appellation : « Enseignement des langues et cultures régionales d’Alsace et des Pays Mosellans » qui permet ainsi l’enseignement de l’allemand au détriment du francique. On créera aussi le concept de langue du voisin. Mais la langue du voisin en Moselle c’est le francique ! La spécificité du francique luxembourgeois sera heureusement reconnue en 2007 : « L’allemand standard est la langue de référence de tous les dialectes de l’espace considéré (à l’exception du luxembourgeois) ». Il aura fallu attendre 25 ans pour lire que l’allemand standard n’est pas la langue de réfé-rence du luxembourgeois. Aujourd’hui, la « schizophrénie linguistique » se poursuit : un poste d’itinérant en langue et culture régionales a été obtenu de haute lutte en 2011 mais aucun enseignant recruté au concours spécial "langue régionale" n’a jamais enseigné le francique mais exclusivement l’allemand.

SOMMAIRE

- Créer une dynamique autour des langues régionales
- Charte : il faut ratifier !
- Une richesse réaffirmée par la loi et le socle
- À Mayotte : le français langue seconde
- Le francique : mauvaise définition linguistique et déni de démocratie
- Les concours ne font pas le plein…