Programmes 2008
Le français en perte d’équilibre
22 septembre 2013
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Pour Sylvie Plane, les programme de français figent, parcellisent et disjoignent les apprentissages relatifs à la langue, plutôt que de les faire converger vers la maîtrise de compétences d’écriture et de lecture.

Ce que disent les programmes de 2008

Le français cesse d’être le domaine du « lire-écrire compter  » et devient une collection d’activités disjointes avec un vrai cloisonnement. Le déséquilibre est toujours important entre le poids de la grammaire, du vocabulaire et de l’orthographe d’un côté, et la lecture et l’expression écrite qui restent au second plan, marquant ainsi un appauvrissement de ces programmes. Les contenus mêmes sont inadaptés, d’une part, aux capacités des élèves, et d’autre part aux possibilités d’enseignement dans le temps imparti.

Point de vue

Pour Sylvie Plane, universitaire à l’IUFM de Paris. « La centration sur l’orthographe répond bien à un besoin constaté, mais elle fait fi des recherches en didactique et en psychologie cognitive qui ont montré que les apprentissages, pour la langue française, se prolongeaient au moins jusqu’en fin de scolarité obligatoire. Bref, ces programme figent, parcellisent et disjoignent les apprentissages relatifs à la langue, plutôt que de les faire converger vers la maîtrise de compétences d’écriture et de lecture. Et la liste des notions que les élèves auront à assimiler en vocabulaire, grammaire, orthographe est si conséquente que les enseignants n’auront guère le choix du modèle pédagogique : l’enseignement de la langue se fera nécessairement selon un modèle transmissif et mettra en échec bon nombre d’élèves à qui ne seront donnés ni le temps ni les moyens de s’approprier ces notions. »

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