Trois questions à Christophe Barret
« Le fossé se creuse entre les niveaux de diplômes »
5 mai 2014

Trois questions à Christophe Barret, responsable des enquêtes génération au Cereq

Trois questions à Christophe Barret, responsable des enquêtes génération au Cereq*


- Le nombre de jeunes au chômage n’a jamais été aussi élevé. Pourquoi ?

Trois ans après leur sortie du système éducatif, 22% des jeunes actifs sont aujourd’hui en recherche d’emploi. La génération 2010 est plus touchée par le chômage que toutes les générations précédentes étudiées par le Céréq. Deux éléments expliquent ce niveau élevé. Tout d’abord les jeunes subissent les effets de la double crise de 2008 et 2010. Ils arrivent donc sur le marché du travail dans un contexte fortement dégradé. Ensuite, cette génération a moins bénéficié que les précédentes des interventions publiques, notamment des dispositifs de contrats aidés massivement développés entre 2003 et 2007. Mais malgré cette dégradation il ne faut pas oublier que le taux d’emploi 3 ans après leur sortie du système éducatif reste élevé. A plus de 70%.

- Le diplôme protège-t-il encore ?

Clairement oui. Il suffit de regarder le taux d’insertion des jeunes non-diplômés : un actif sur deux est au chômage à 3 ans, ce qui représente 16 points de plus que la génération 2004. Nous avons aussi observé une forte dégradation des conditions d’insertion des jeunes ayant un diplôme de 1er niveau - BEP ou CAP - dont un actif sur trois est au chômage à 3 ans. Et le fossé se creuse entre les niveaux de diplômes : les diplômés du secondaire, jusqu’au Bac, enregistrent un taux de chômage de 25% soit 10 points de plus par rapport à la génération 2010, contre 11%, +4 points, chez les diplômés du supérieur court et 9%, +3 points, chez ceux du supérieur long qui sont allés à Bac+5 et au-delà. Le contexte affecte donc tous les jeunes mais plus le niveau de diplôme s’élève et plus les conditions d’insertion sont favorables.

- Quelles sont les conditions d’emploi des jeunes ?

Globalement, ceux qui ont accédé à un emploi n’ont pas vu leurs conditions d’emploi se dégrader. Pour le mesurer nous observons plusieurs critères. D’abord l’accès à un CDI : 2/3 de ceux qui ont trouvé un emploi ont signé un contrat à durée indéterminée. Ensuite, le temps partiel contraint s’établit à 9%. Des chiffres stables par rapport aux générations 2004 et 2007. Enfin, les salaires sont légèrement plus favorables à la première embauche et sont équivalents à ceux des générations précédentes au bout de trois ans dans l’emploi.

* Centre d’études et de recherche sur les qualifications

Pour en savoir plus :

- L’enquête du CEREQ : Face à la crise, le fossé se creuse entre niveaux de diplôme
- Le site du CEREQ