3 questions à Aminata Koné (CSF)
"Le coût de la scolarité en baisse relative"
9 septembre 2013

Le coût de la rentrée scolaire serait en baisse de 4,08% estime la Confédération Syndicale des Familles (CSF). Une baisse relative selon Aminata Koné, sa secrétaire générale interviewée par Fenêtres sur Cours

Quel est le coût de la scolarité pour les familles en 2013 ?

La CSF, au vu des relevés de prix envoyés par les familles d’après une liste que nous leur proposons, l’estime en baisse de 4,08%, avec des disparités importantes selon les territoires et les orientations des élèves. Différentes causes peuvent l’expliquer : la baisse du prix de la pâte à papier fin 2012, un changement de posture des consommateurs dû à la crise (préférences pour les achats en lots, en promos, ré-utilisation des fournitures des années précédentes, …) mais surtout des hausses de l’ARS (allocation de rentrée scolaire) de 1,2% à cette rentrée et 25% l’an passé et une TVA sur les livres passée à 5,5%.

Quarante ans d’enquêtes de la CSF sur le coût de la scolarité : un constat particulier ?

Oh oui ! La gratuité de l’éducation avancée comme contrat social par la République n’est toujours pas une réalité. Les familles populaires, dont les enfants suivent majoritairement des filières professionnelles courtes, paient de surcroît le prix fort au regard de leur budget. En 1973, le poids de la scolarité (BEP industriel) sur un SMIC était de 64%. En 2013 (bac pro), il est de 72%. Si l’avenir d’une société repose sur ses jeunes, pourquoi rechigne-t-on à mettre le paquet pour prendre en charge leur formation ?

Quelles sont les principales revendications de la CSF en matière d’aide à la scolarité ?

Nous en avons plusieurs. D’abord une TVA sur les fournitures ramenée à 5,5% plutôt que l’actuelle à 19,6% afin d’atténuer les dépenses et les inégalités face à cet impôt injuste qui frappe indifféremment toutes les familles. Puis une sérieuse revalorisation des plafonds d’attribution de l’ARS, avec une modulation selon le niveau de scolarité et son élargissement aux lycéens. Enfin, la mise en place d’un revenu d’autonomie pour nos jeunes de 18 à 25 ans, qu’ils soient en études, en attente de formation ou d’emploi, ce qui leur permettrait enfin de rompre leur dépendance envers leur famille. Les jeunes sont majeurs à 18 ans, mais à quoi ça sert s’ils ne sont pas indépendants ?