Maîtres-formateurs
Le SNUipp-FSU veut que ça bouge
30 mai 2013
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La place des maîtres-formateurs dans les ESPE et leurs conditions d’exercice du métier, tels étaient les principaux sujets au menu d’une rencontre, le 29 mai, entre le ministère et le SNUipp-FSU. Compte rendu.

Le 29 mai dernier, le SNUipp-FSU était reçu en audience au ministère pour évoquer la situation des formateurs, IPEMF et CPC, alors que se déploie la réforme de la formation et que d’importants recrutements de futurs enseignants des écoles s’annoncent. Car de fait, il y avait urgence. Déstabilisés depuis plusieurs années dans l’organisation de leurs services comme sur les champs de leurs missions, les IPEMF attendent des améliorations significatives en matière indemnitaire, de missions et de temps de décharge. Pour les conseillers pédagogiques de circonscription également, des évolutions sont nécessaires. Alors que, depuis un an, la place et le rôle des formateurs de terrain sont régulièrement mis en avant, et en tout premier lieu par le ministre lui-même, rien n’a jusque-là avancé concrètement. Le SNUipp-FSU a porté ses exigences pour la rentrée 2013 et pour l’avenir.

Une nouvelle indemnité pour le tutorat des M2 admissibles

Une indemnité de 400 euros est programmée, destinée à prendre en compte la situation particulière de cette rentrée, qui verra arriver sur le terrain un grand nombre de débutants. Cette indemnité sera liée à la nouvelle mission de tutorat des étudiants en M2 admissibles au concours 2013-2.

- Pour les IPEMF, pour le suivi et l’accompagnement d’un ou deux étudiants en M2.
- Pour les maîtres d’accueil temporaires (MAT) pour le suivi d’un ou deux étudiants en M2.

S’agissant de cette indemnité, le SNUipp a alerté le cabinet sur plusieurs points :
Elle ne concernera toujours pas les CPC alors que ceux ci interviennent aussi dans la formation des débutants.
Par ailleurs, cette nouvelle indemnité, cumulable avec l’indemnité de fonction de 929 euros pour le suivi des P.E stagiaires, ne doit pas être source d’inégalités. Or par exemple, un IPEMF suivant trois P.E stagiaires et pas de M2 touchera 929 euros, alors qu’un autre IPEMF suivant un P.E stagiaire et un étudiant en M2 touchera 929 + 400 euros. Le SNUipp-FSU a donc demandé que les recteurs veillent à une répartition équitable des tutorats et que cela soit précisé dans la circulaire à venir.
Enfin, à ce jour et selon leur département d’affection, tous les IPEMF et directeurs d’écoles d’application (DEA) ne perçoivent pas cette indemnité de fonction de 929 euros pour le suivi des P.E stagiaires. La circulaire d’application a fait l’objet d’interprétations diverses par les DASEN, créant ainsi, de fait, une inégalité de traitement. Le SNUipp-FSU a demandé à ce que cette situation soit régularisée. Le ministère s’est engagé à étudier la question.

La place des formateurs du premier degré dans les ESPE

Depuis la masterisation, les IPEMF ont été cantonnés au rôle de tuteurs. Pour le SNUipp-FSU ils doivent aujourd’hui retrouver une place plus importante au sein des équipes des ESPE, être associés à l’écriture des plans de formation et pouvoir assurer des formations sur des dimensions professionnelles pour lesquelles leur expertise est indispensable (modules maternelle, apprentissage de la lecture, gestion de la polyvalence, préparation de stages, analyses de pratiques...). Or, rien ne semble s’organiser en ce sens sur le terrain. Le ministère, qui reconnaît la légitimité de l’inquiétude, assure qu’il sera attentif à la place faite aux maîtres-formateurs dans l’étude des dossiers d’accréditation des ESPE. L’année 2013-2014 sera encore une année transitoire et une souplesse sera tolérée, avec l’engagement que les dossiers seront réétudiés pour la suite. Le SNUipp-FSU a demandé que les DEA soient sollicités par les universités dans le cadre de cette redéfinition concrète.
Concernant les maîtres-formateurs mis à disposition temporaire ou détachés pour travailler en ESPE, l’objectif clairement affiché est de privilégier les services partagés pour éviter un éloignement du terrain. Le SNUipp-FSU demande néanmoins que des formateurs premier degré soient recrutés dans les ESPE dans le cadre de la création des 1000 postes réservés à l’enseignement supérieur. Il a également rappelé l’importance de leur participation aux instances décisionnaires des ESPE.

Un groupe de travail à la rentrée

Pour le SNUipp, il est nécessaire, dans le cadre de la loi d’orientation, de remettre à plat les missions, l’organisation du service et le régime indemnitaire des IPEMF et des CPC.

- la question du temps, pour les IPEMF notamment, doit être reposée. Assurer le suivi des futurs enseignants, participer aux formations et pouvoir continuer ses recherches personnelles nécessite de repenser les obligations règlementaires de service.

- Pour les CPC, une redéfinition des missions est également nécessaire dans le cadre de la refondation de l’école. Parce qu’il y urgence pour ces deux fonctions, le SNUipp-FSU a demandé la mise en place d’un groupe de travail le plus rapidement possible. Le ministère en annonce la mise en place, dès la rentrée 2013, pour apporter les modifications nécessaires à l’horizon 2014.

Par ailleurs, la mise en œuvre de la réforme des rythmes va compliquer l’organisation des services des IPEMF, déjà largement contrainte depuis la masterisation. Le SNUipp-FSU a alerté sur la situation de ceux qui travailleront 4,5 jours sur des journées de 5H15 en moyenne alors qu’ils devront bénéficier de 6 heures de décharge de classe statutaires (216 h annuelles). Le SNUipp-FSU exige que des modalités soient mises en place pour ne pas rogner un temps de décharge déjà insuffisant. Une consigne claire en ce sens doit être passée auprès des DASEN.

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- le quatre pages Maîtres formateurs du SNUipp-FSU