Collège
Le HCE pour la création de l’Ecole du socle commun
5 octobre 2010

Le Haut conseil de l’éducation propose dans son bilan des résultats de l’Ecole 2010 sur le collège de suivre l’exemple des pays obtenant les meilleurs résultats aux évaluations PISA, il préconise notamment la création d’une Ecole du socle commun par la fusion de l’enseignement scolaire du 1er et du 2eme degré.

« Performances des élèves médiocres et en baisse, inégalités de réussite d’origine sociale accrues, malaise enseignant, problèmes de vie scolaire qui se multiplient". C’est par ces quelques mots que débute le rapport du Haut conseil de l’éducation consacré au collège et qui décrit sans équivoque « une situation préoccupante ».

Mis en ligne sur le site du HCE le rapport rappelle que d’après les évaluations PISA 2006 15% des élèves Français âgés de 15 ans « connaissent des difficultés sévères ou très sévères » et que 25% possèdent « des acquis fragiles ». Il rappelle aussi qu’à l’entrée en 6ème, 15% des élèves connaissent déjà des difficultés. Le texte estime que « le collège a été bâti sur le seul modèle du lycée général et le savoir commun attendu à la fin de la scolarité obligatoire n’a été défini que trente ans après, par la loi du 23 avril 2005 ». Il souligne que le collège « n’a jamais constitué la priorité, ni en termes de moyens budgétaires, ni en termes de pilotage par l’institution », tout en renvoyant dos-à-dos l’administration centrale, les enseignants, les syndicats et les parents d’élèves qui selon lui «  se sont montrés très réticents à l’idée d’un tronc commun et à l’abandon des filières ».

L’exemple meilleurs pays aux évaluations PISA

Se basant sur PISA, le HCE s’inspire de l’exemple de pays « dont le système éducatif fonctionne le mieux ». Ces pays présentent trois caractéristiques communes : la définition pour leur Ecole d’un objectif clair et consensuel, la mise en place d’une formation des maîtres « visant à développer des pratiques éducatives qui favorisent la réussite de chaque élève » et l’octroi aux établissements scolaires de « marges d’autonomie rendant possible une organisation souple ». Le haut conseil fixe alors 3 objectifs reprenant ces caractéristiques pour « mettre le collège sur la bonne voie ».

Le passage à l’Ecole du socle commun

C’est ainsi qu’il estime « nécessaire de passer du collège unique à l’Ecole du socle commun ». Une priorité assortie de 4 propositions dont celle de renforcer « la continuité entre l’école primaire et le collège » en fusionnant « Enseignement scolaire public du premier degré et Enseignement scolaire public du second degré en un programme unique Enseignement scolaire public du socle commun ». En ce qui concerne la formation des maîtres le HCE formule 6 propositions dont l’organisation de stages pour les étudiants candidats au concours dès la première année de Master, la formation à l’enseignement aux classes hétérogènes ou encore « que les ateliers artistiques, culturels ou sportifs proposés aux élèves concourent de manière explicite et méthodique à l’acquisition des compétences du socle commun ». Autant de préconisations qui ne correspondent pas exactement à la réforme de la formation des maîtres.

Une présence plus forte des adultes

Les 4 dernières propositions répondent au constat du HCE selon lequel donner « aux établissements plus de responsabilités dans leur organisation pédagogique a une influence positive sur leurs résultats ». Elles consistent à donner aux collèges plus d’autonomie dans la gestion de leur budget et de leurs moyens ainsi que la possibilité d’émettre un avis sur l’affectation de tout nouvel enseignant dans leurs murs. Elles préconisent enfin une nouvelle organisation prévoyant une prise en charge éducative continue des élèves tout au long de la journée d’école, « ce qui suppose des conditions matérielles d’accueil adéquates et une présence plus forte d’adultes pour encadrer les élèves ». Le budget 2011 avec son lot de fermetures de postes laisse peu d’espoir sur la prise en compte des conclusions de ce rapport par le ministère de l’Education nationale. Dans un entretien accordé au journal Le monde, Luc Chatel a d’ores et déjà tranché. Toute décision concernant les propositions de ce rapport ne pourrait survenir qu’après « un grand débat national » et «  dans le cadre du rendez-vous politique de 2012 ».