Le CAFIPEMF à l’étranger, c’est pour quand ?
8 avril 2016

Le CAFIPEMF a toujours représenté au sein du réseau AEFE un plus pour les collègues et un bénéfice en terme de possibilités de formation. Il est grand temps d’apporter un vrai soutien aux collègues désireux de passer cette certification. La mise en place en particulier d’un dispositif diplômant à l’étranger pourrait ouvrir enfin une voie revendiquée par le SNUipp HDF. Mais si des bonnes volontés se font jour, les blocages habituels de la part d’une partie de l’administration peu désireuse d’innover sont multiples...

Le CAFIPEMF, une richesse professionnelle

Le Certificat d’aptitude aux fonctions d’instituteur et de professeur des écoles maîtres formateurs (CAFIPEMF) permet aux enseignants d’accéder à des postes de maîtres-formateurs en faisant reconnaître leur expertise de terrain et en s’engageant dans une démarche réflexive sur les pratiques professionnelles. Cet examen est exigeant et nécessite un investissement personnel important. Au sein du réseau AEFE, il serait temps de favoriser et de soutenir les initiatives des collègues souhaitant le préparer : les établissements en retirant des bénéfices certains sur la formation des personnels recrutés localement ou bien dans les actions de formation continue.

Le CAFIPEMF à l’étranger, c’était déjà compliqué...

Dans les faits, préparer et obtenir cette certification depuis l’étranger n’était déjà pas facile. Le CAFIPEMF ancienne formule était déjà générateur de problèmes financiers pour les collègues devant passer la certification en France : la DRH ne considérait pas celle ci comme un "examen professionnel"et ne remboursait donc pas les frais de déplacement. Les enseignants pouvaient même se retrouver en situation de service non fait. Grâce aux interventions du SNUipp, des autorisations d’absence avec traitement ont été accordées mais le chantier du remboursement des frais restait toujours ouvert...

... et maintenant c’est carrément impossible !

La publication du nouvel arrêté du 20 juillet 2015, relatif à l’organisation du CAFIPEMF pour les enseignants du 1er degré vient pulvériser une organisation à l’étranger qui n’était déjà pas évidente.

La certification se fait maintenant sur deux années. La première année est consacrée à l’admissibilité après entretien devant un jury à partir d’un dossier présenté par le candidat. La deuxième année, le candidat se présente à l’admission comprenant deux épreuves : analyse de séance ou action de formation et soutenance d’un mémoire professionnel. Pendant la période de préparation à l’admission, le candidat doit bénéficier de situations d’observation en accompagnant un maitre formateur ou un conseiller pédagogique dans ses missions de formation auprès des stagiaires.

L’ inscription à cette certification demandant donc maintenant aux candidats de participer aux actions de formation mises en place dans les académies, l’inscription se fait auprès du recteur de l’académie où les candidats exercent leurs fonctions. Cette disposition déterminant un « lien fonctionnel effectif » avec l’académie d’origine, il a donc été considéré que l’inscription en situation de détachement n’était plus adaptée. : les collègues en détachement dans les établissements AEFE, MLF ou directement auprès des établissements partenaires de ces deux opérateurs, se retrouvent privés, en principe, du droit de passer cette certification.

Certains collègues ont donc essuyé un refus tardif au niveau local alors qu’ils avaient préparé leur entretien, bouclé le dossier relatant leur expérience professionnelle et programmé leur voyage.

Pour le SNUipp HDF, cette nouvelle situation est inacceptable, d’autant que les enseignants du 1er degré et chargés de classe où qu’ils exercent, en détachement, assurent les mêmes missions que ceux actuellement en France. Ils se trouvent souvent en butte aux relances des inspecteurs en résidence qui leur conseillent, dans un souci de progresser dans leur carrière, le passage du CAFIPEMF.

Nouvelles perspectives pour un CAFIPEMF possible à l’étranger ?

Le SNUipp HDF a eu l’occasion de s’entretenir avec le service pédagogique de l’AEFE et a eu au moins l’heureuse surprise de constater que celui-ci partageait ses vues sur la nécessité de réouvrir la possibilité de certification à l’étranger. Il a pu constater aussi que le service pédagogique reconnaissait le besoin d’instituer formation diplômante directement à l’étranger reconnue par le MENESR, ce qui est en concordance avec les revendications du SNUipp.

Après l’intervention par courrier du secrétaire général du SNUipp FSU auprès du directeur de cabinet de la ministre, nous avons pu avoir une première réponse orale : elle n’est hélas pas en la faveur des personnels pour l’année 2016 mais, nous a-t-on dit, la situation pourrait être débloquée pour les années suivantes avec une possibilité de formation dans les établissements AEFE.

Malheureusement, une première réunion quadripartite vient d’avoir lieu entre la DGRH du MENESR, la DRH de l’Agence, le conseiller de cabinet de la ministre et le service pédagogique à ce sujet et n’a pas donné de résultats probants... Les blocages proviennent une fois de plus, comme il fallait s’en douter, des différents services des ressources humaines... Malgré que le dossier soit mal engagé pour ce qui est de la formation à l’étranger, le service pédagogique soutient qu’il n’est pas définitivement clos. Dont acte et en attente de nouvelles informations.

Pour aller plus loin

Compte rendu sur ce point de nos rencontres du 22/01/2016 et du 31/03/2016 avec le service pédagogique

Lettre de Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp FSU au cabinet de la ministre le 25/01/2016