Langon se met à l’eau :: Partir quand même
19 avril 2014

Deux jours de découverte du milieu lacustre landais au programme pour deux classes de Gironde dans un centre nautique des PEP. Un projet porteur mais pas toujours facile à mettre en place.

« J’espère que je vais pouvoir pêcher ». En s’approchant avec ses camarades du cours d’eau qui se jette dans le lac de Biscarrosse (40), Tatiana s’inquiète. Il faut dire que le sable et les marécages qui caractérisent ce coin des Landes ne sont pas l’endroit idéal pour faire rouler son fauteuil. Heureusement Rémi, l’animateur nature du Centre géré par les PEP 40 a tout prévu. Un petit ponton de bois au bord de l’eau permettra à Tatiana de manier l’épuisette et de participer à la collecte d’animaux aquatiques organisée par Rémi pour les 25 CM1- CM2 venus de l’école St-Exupéry de Langon (33). Emilie Gouin, la maîtresse, enseigne depuis 7 ans. Dès son premier poste fixe, elle a tout fait pour partir en classe découverte tant elle gardait un souvenir ému de l’expérience vécue comme élève . « J’ai fait le forcing pour partir en convainquant une collègue de m’accompagner ». Budget oblige, il a fallu limiter le séjour à deux journées en optant pour un pique-nique le premier jour et en économisant sur les draps en apportant des sacs de couchage. « 20 € de participation par enfant pour un prix de revient de 76 € hors transport : ça a permis d’emmener tout le monde sauf un élève pour raison médicale », précise Emilie.

Des séjours plus courts

Le programme choisi par Emilie parmi les propositions du centre comprend la découverte du milieu dunaire, de la forêt, de la faune et de la flore lacustre. « En classe, on est dans la modélisation, là on touche le concret ». Pour la jeune enseignante, une telle expérience permet aussi « d’approcher les parents dans un autre contexte, de les réconcilier avec l’école » et constitue pour ses élèves une ouverture culturelle : « b e a u c o u p n e connaissent pas ces lieux, deux d’entre eux n’avaient même jamais vu l’océan ! » Emilie, aidée par un directeur compréhensif, a réussi à contourner l’obstacle du dossier volumineux à constituer avant le départ mais un détail l’a choqué : l’AVS qui accompagne Tatiana a du signer une décharge pour partir sans être rémunérée ! Emilie est prête à partir tous les ans et plus longtemps si elle le peut mais Marielle sa collègue de CM2 qui l’accompagne aurait, elle, plus de mal à laisser sa famille plus de deux jours.

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Un souci qualitatif

Une tendance confirmée par Rodolphe Hostettler, responsable du centre, qui constate depuis 17 ans un raccourcissement des séjours mais aussi une évolution des mentalités. Pour lui, « la démarche de clientèle tend à prendre le pas sur une démarche d’usager. » Rodolphe et son équipe sont entrés en résistance : « On maintient avec nos animateurs la notion de collectif, d’autonomie, le travail sur les règles de vie ». Pour Rodolphe, « la prise en charge des activités par les animateurs permet aux enseignants de prendre du recul, de découvrir leurs élèves dans un nouveau cadre. » Ce souci qualitatif porte ses fruits, les enseignants apprécient, reviennent parfois pour un séjour plus long. Tatiana, de retour de pêche contemple l’azur du lac de Biscarrosse. « Tu sais qu’on a des Optimist adaptés pour les gens en fauteuil ? » lui glisse Rodolphe.

L’ensemble du dossier :

- Sorties scolaires :: L’école hors les murs
- Sorties scolaires : Une démarche complémentaire
- Sorties avec nuitées : Des classes à redécouvrir
- « Travailler autrement que dans l’immédiateté »
- Patrimoine à Tours :: Un voyage dans le temps
- La Haute-Savoie, département « témoin »
- Langon se met à l’eau :: Partir quand même
- « Rompre avec l’espace scolaire habituel »
- En bref