Dossier "Maternelle changement de programmes"
Langage : À l’oral et à l’écrit
9 mars 2015

« Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions », ce domaine d’apprentissage réaffirme sa place primordiale « comme condition essentielle de la réussite de toutes et de tous ». « Stimulation et structuration du langage oral » et « entrée progressive dans la culture de l’écrit » en sont les deux priorités. Elles « concernent l’ensemble des domaines » et se déclinent en plusieurs objectifs.

Les parties détaillées dédiées à la phonologie et à l’écriture ne doivent pas faire oublier les autres aspects du langage cités dans les programmes. C’est d’abord les situations de communication qui doivent être favorisées pour que « tous les enfants (même ceux qui ne s’expriment pas ou peu) prennent la parole [et] participent à des situations langagières plus complexes que celles de la vie ordinaire ». Pour favoriser la compréhension, le texte invite à rechercher et encourager des « moments de réception qui sont des activités langagières à part entière » où les enfants travaillent mentalement sans parler. Dans les moments d’échange et de réflexion avec les autres, l’enseignant doit mettre en place « des situations d’évocation » pour entraîner progressivement les élèves à « mobiliser le langage pour se faire comprendre sans autre appui ». Mais la maternelle doit aussi offrir « une fréquentation de la langue de l’écrit, très différente de l’oral de communication » notamment à travers la littérature de jeunesse. Les enfants doivent découvrir que « les signes écrits valent du langage » tant en réception qu’en production.

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Phono : oui mais pas trop

Après avoir été presque absente de la première version, la conscience phonologique est davantage détaillée dans celle-ci et inclut des propositions de mise en œuvre. Les enseignants sont invités à travailler les syllabes et les phonèmes « en les détachant du sens des mots ». Syllabes, puis sons-voyelles et enfin quelques sons-consonnes doivent être appréhendés à partir de jeux phoniques conduits au cours de séances courtes mais fréquentes et en petits groupes pour les élèves les plus en difficulté. Un amendement présenté par le SNUipp a été intégré dans les programmes afin que ces activités de phonologie ne soient pas trop envahissantes : « des jeux et activités structurées sur les constituants sonores de la langue n’occupent qu’une part des activités langagières ».

Écrire pour lire

Côté principe alphabétique, le texte rappelle fermement qu’ « il n’y a pas de pré-lecture à l’école maternelle  ». La compréhension de la relation entre lettres et sons passe donc par celle de la transformation de la parole en écrit « d’où l’importance de la relation qui va de l’oral vers l’écrit et non l’inverse, en maternelle. La progressivité de l’apprentissage nécessite donc, dans l’enseignement, de partir non pas de la lecture mais de l’écriture. » Les programmes insistent donc sur la production d’écrits avec l’aide de l’adulte puis des essais d’écriture de mots du type « écriture approchée » pour arriver en fin de cycle à des productions autonomes d’écrits. Cette approche expérimentée mais pas généralisée à l’école maternelle reflète la complexité de la démarche d’écriture qui selon le texte ne doit pas isoler « les trois composantes de l’écriture : la composante sémantique (le sens de ce qui est écrit), la composante symbolique (le code alphabétique) et la composante motrice (la dextérité graphique). »

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- Un cycle unique pour une école bienveillante
- Langage : À l’oral et à l’écrit
- Activité physique : 4 nouveaux objectifs
- Explorer le monde : le numérique aussi
- Des activités artistiques ouvertes sur le spectacle vivant
- Trois questions à Rémi Brissiaud : « Composer-décomposer plutôt que compter-numéroter »
- Entretien avec Viviane Bouysse : « Des modalités d’apprentissages propres aux jeunes enfants »

Et aussi :
- La présentation des programmes à l’école maternelle sur le site du ministère