Maternelle
La rentrée comme une fête
4 septembre 2011

A l’école Anatole France de Villeneuve d’Ascq, la rentrée des tout-petits n’a rien d’un drame. La réflexion et la préparation de l’enseignante n’y sont sans doute pas étrangères.

Un cri strident trouble soudain l’atmosphère paisible de la classe : Mattéo, deux ans et demi vient de signifier à Lili, son aînée d’une année, qu’il n’était toujours pas question de l’approcher. Calmement, Pascale Valmont, enseignante à l’école maternelle Anatole France de Villeneuve d’Ascq (59) explique que Mattéo préfère être seul pour l’instant. Elle le laisse explorer le couloir en demandant à Marie-Christine, l’ATSEM, de garder un œil sur lui. Ce mardi 6 septembre, Pascale accueille six enfants de toute petite section (TPS) pour leur première journée d’école. Jeudi, six autres petits nouveaux rejoindront les dix-sept élèves de trois ans présents, pour la plupart, l’an dernier. Une rentrée soigneusement préparée par la maîtresse, qui après vingt-quatre ans d’expérience en petite section mesure l’importance des premiers moments : « En juin, chaque enfant a eu l’occasion de passer un moment dans la classe accompagné d’un adulte, puis j’ai organisé une réunion pour les parents concernés ». La participation importante des familles à ces initiatives montre qu’elles correspondent à un besoin, même si dans ce quartier les parents s’impliquent dans la scolarité de leurs enfants. Pour Pascale, « beaucoup de parents n’ont aucune idée de ce qu’on fait à l’école, ils ont besoin d’être rassurés en rencontrant les personnes qui prendront en charge leur enfant. J’ai pu aussi leur parler de l’organisation de la rentrée échelonnée et les y associer. »

A chacun son ballon

Un discours sans doute convaincant. Ce matin à 8h 30, les six “petits nouveaux” sont tous accompagnés de leurs parents. En rentrant dans la classe, ils ont l’impression d’être invités à une fête : la maîtresse a accroché au plafond vingt-trois ballons auxquels elle a accroché le prénom de chaque enfant. Les petits explorent l’univers de la classe conçu à leur mesure : espace bibliothèque, tableau noir à leur hauteur, coins jeu. Ils partagent leurs découvertes avec leurs parents, et nouent de premières relations avec les plus grands, familiers des locaux et du matériel. Pascale précise : « Nous avons fait le choix de constituer deux classes mixtes TPS-PS pour favoriser l’entraide. Les petits s’intègrent mieux au sein d’un groupe déjà constitué d’élèves autonomes qui connaissent les règles de vie de l’école ». Au bout d’un quart d’heure, les premiers parents peuvent s’en aller mais pas de séparation déchirante ni de pleurs. Le papa de Nils s’étonne « Je ne m’attendais pas à autant de calme, ça se passe tout seul, j’ai été surpris quand la maîtresse m’a dit qu’il y avait 23 élèves. » La maman de Candice apprécie d’avoir pu observer « les enfants se mettre en activité ». Pour ces premières journées, Pascale choisit de ne pas mettre en place d’activités trop dirigées : « les enfants ne doivent pas être bousculés et découvrir ce nouvel environnement à leur rythme. Comme ça je suis disponible pour faire connaissance et les accompagner individuellement. » Elle empoigne toutefois sa guitare pour une première comptine qui réunit presque tous les élèves sur les bancs du coin regroupement. Michèle a choisi de rester sur un fauteuil avec un album et Mattéo, lui, continue d’explorer le couloir en se signalant par des hurlements sporadiques. Tout à l’heure, il retrouvera le sourire à la récréation, juché sur un vélo en compagnie de son grand frère.