Priorité au primaire ?
La maternelle n’est pas une priorité pour le ministère.
3 juillet 2015
  (1 vote)

Alors que le ministère vient de trouver quelques moyens pour mettre en oeuvre sa réforme du collège (formation rémunérée), les enseignant-es de maternelle devront se débrouiller avec 3 heures un mercredi après-midi : priorité au primaire ?

Érigée en slogan, "la priorité au primaire" continue peu à peu d’être enterrée. A deux jours de la sortie scolaire, la ministre de l’éducation nationale vient d’envoyer une lettre électronique aux enseignant-es de maternelle pour leur dire que les nouveaux programmes de maternelle qui entrent en vigueur à la rentrée leur parviendront... après la rentrée, courant septembre pour les documents pédagogiques d’accompagnement. Bravo !

Depuis le mois de mars, le SNUipp-FSU demande à la ministre la diffusion de ces programmes maternelle de qualité dans les écoles ainsi que la mise en place d’un plan de formation continue pour aider les enseignants à les mettre en œuvre rapidement dans les classes. Le ministère a même refusé d’envoyer un exemplaire papier de ces nouveaux programmes par école alors qu’il avait financé et diffusé sans difficulté un livret sur la réforme des rythmes scolaires à tous les maires.

Aujourd’hui, la rue de Grenelle semble uniquement obnubilée par la réforme du collège. Alors que le ministère a trouvé quelques moyens pour mettre en œuvre sa réforme du collège (cinq jours de formation pour tous les professeurs et des formations rémunérées pendant les vacances de la Toussaint), que les enseignant-es de maternelle se réjouissent : la ministre vient de leur accorder, en tout et pour tout, trois heures d’animations pédagogiques, un mercredi après-midi, après l’entrée en vigueur officielle des nouveaux programmes ! Tout cela n’est pas sérieux.

Il ne s’agit pas d’opposer l’école et le collège qui, tous deux, ont besoin de moyens et de formations de qualité mais il est consternant de constater une fois de plus le peu d’attention accordée aux premières années de la scolarité qui se manifeste aujourd’hui par une forme de mépris à l’encontre des enseignant-es de maternelle. La Loi de refondation a donné une priorité au primaire et notamment à l’école maternelle. Il serait temps de mettre en œuvre cet engagement.

Paris, le 3 juillet 2015