La joie par les livres
23 janvier 2003

Le point de vue de sa directrice, Nic Diament.

" La joie par les livres " est un organisme rattaché au Ministère de la Culture. Elle a pour objectif de soutenir toute action favorisant l’accès de l’enfant au livre et à la lecture. " La joie par les livres " anime notamment le centre national du livre pour enfants .

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Près de 8500 titres parus en 2001. La croissance de l’édition du livre de jeunesse se poursuit. L’énormité de la production destinée à la jeunesse aujourd’hui pose un problème de lisibilité et de choix. C’est ce que nous dit en substance Nic Diament, directrice de "la joie par les livres" organisme qui dépend du Ministère de la culture. Une de ses activités principales est de présenter l’ensemble de la production de littérature de jeunesse et d’en proposer des lectures critiques à destination des libraires, enseignants, bibliothécaires... "Ce travail est devenu monstrueux, poursuit- elle, puisque qu’ il a exigé, par exemple, de notre part la lecture des 500 romans parus entre le 1er septembre et le 31 octobre" cette année. Symptomatique, les éditeurs se sont plaint de ne pas parvenir à mettre en valeur quoique ce soit lors du dernier et tout récent salon de Montreuil.

Le chiffre d’affaires de l’édition de jeunesse ne cesse d’augmenter depuis quelques années. La progression s’est amorcée dans le milieu des années 70 avec la création de secteurs jeunesse chez certains grands éditeurs (Gallimard jeunesse fête aujourd’hui ses trente ans). Avant, il y avait deux groupes ; les gros éditeurs comme Hachette ou Nathan pour la production de masse et à côté quelques petits s’efforçant de faire une production basée sur la création de qualité. Exemple : " L’école des loisirs ". Depuis le début des années 80, l’édition de jeunesse se diversifie et devient prolifique en s’orientant dans la recherche d’une production de qualité. De très nombreux éditeurs sont nés et récemment encore (Thierry Magnier, Rue du Monde...).

Où commence la littérature de jeunesse ? La production est pléthorique pour la tranche d’âge des 0 à 3 ans. Avec la découverte des compétences des bébés à partir des années 80, les professionnels de la petite enfance ont été de plus en plus nombreux à se préoccuper du contact précoce de l’enfant avec le livre. 55% de la production s’adresse aux moins de 5 ans. Où finit la littérature de jeunesse ? De plus en plus tard. La limite peut être aujourd’hui reculée jusqu’à l’âge du lycée quand il s’agit notamment d’éditions de romans de fiction qui s’adressent à de très grands ados. La France est maintenant reconnue pour sa littérature de fiction avec la confirmation d’écrivains de très grande valeur. Certaines collections pour ados changent d’ailleurs leur présentation pour s’adresser à un public adulte. Le flou y est même entretenu. Seuil possède par exemple une collection sans nom.

Il existe deux phénomènes éditoriaux importants pour les romans. Les séries du type " Chair de poule " pour fidéliser la clientèle et le best seller qui sera aussi le long seller, type " Harry Potter ", avec une version Poche pour les enfants et une version qui peut-être achetée par les adultes. Autres principales tendances : le livre miroir qui renvoie aux problèmes rencontrés par l’enfant (les parents qui se séparent, le petit garçon qui fait pipi au lit...) apparu dans les années 80, le livre à intention pédagogique qui peut-être un roman mais qui apprend des choses (roman historique). Enfin, la littérature enfantine a cessé d’être une littérature où l’on protège l’enfant. Les thématiques renvoient aux problèmes de notre société (misère, famine dans le monde,...). " Lire ça doit certes aider à grandir, à se construire mais c’est avant tout la vie. Aider à comprendre, à s’évader, c’est bien si l’auteur le fait de façon non délibérée. " conclut Nic Diament.