L’initiation au code informatique au programme ?
14 juillet 2014

Lors d’un entretien accordé le 13 Juillet au Journal du dimanche, Benoit Hamon a annoncé que dès septembre, il favoriserait en primaire une initiation au code informatique, de manière facultative et sur le temps périscolaire.

Vous vouliez connaitre le programme pour le hors-temps scolaire ? Le ministre s’occupe de tout. Les maires sont maintenant rassurés et les familles peuvent se réjouir. Après l’équitation et les cours de guitare, les enfants pourront bénéficier, dès la rentrée, d’ une activité supplémentaire après l’école. Qui a dit que le ministre de l’Éducation nationale n’était pas le ministre du périscolaire ?

Maintenant que Benoit Hamon a réussi à aiguiser l’appétit de toute la communauté éducative en plein mois de Juillet, nous sommes impatients d’en savoir un peu plus.
Quels enfants seront concernés ? Combien ? Sur quels matériels informatiques vont-ils s’exercer ? Qui prendra en charge cette initiation ? Sera-t-elle payante ou gratuite ? Sur tous ces sujets, nous ne doutons pas que la mise en œuvre concrète de cette initiation a été pensée dans ses moindres détails avec rigueur et sérieux. Tout comme nous sommes persuadés que le ministre a prévu d’aider les écoles à bénéficier d’un équipement et d’une maintenance adaptés en matière numérique.

Car pour mémoire, et au niveau de l’enseignement primaire, le taux d’équipement en France (8 ordinateurs pour 100 élèves) est beaucoup plus faible que celui d’autres pays européens comme la Grande-Bretagne (16/100), l’Allemagne (11/100), la Norvège (18/100), la Suède (15/100), ou la Finlande (13/100). Pour combler notre retard en la matière, le ministre nous réserve peut-être une nouvelle annonce lors du chassé-croisé de la fin Juillet ?

Enfin, s’il reste un peu de temps au ministre, il pourrait aussi s’occuper de l’école et des enseignants.
Car, pour le coup, la découverte et l’apprentissage du langage informatique constituent un vrai sujet pour les futurs programmes de l’école élémentaire attendus en 2016. Le Conseil supérieur des programmes aura sans doute à se pencher sur la question en recueillant les avis de la recherche et des praticiens. Dans les écoles, les usages pédagogiques liés au numérique sont source d’une forte demande en formation continue à laquelle le ministre n’apporte aucune réponse aujourd’hui. Il y a donc matière à nourrir une politique scolaire sérieuse, lisible et cohérente sur le sujet.
Depuis trop longtemps, l’école souffre d’ annonces intempestives sans lendemain. Il serait bon de rompre avec ces modes de communication déstabilisants et source de confusion.