étude
L’école, une priorité pour les parents immigrés
9 novembre 2015

Une enquête sociologique montre l’importance que les parents immigrés attachent à l’école pour leurs enfants et pour eux-mêmes.

Pour toute famille étrangère installée en France, l’école joue un rôle primordial et fait souvent même partie du projet d’immigration. C’est ce que montre une étude qualitative approfondie réalisée par l’Union nationale des associations familiales (UNAF) auprès de parents primo-arrivants, pour mieux comprendre leurs relations avec l’école et le suivi de la scolarité de leurs enfants. Quels que soient leur profil, leur histoire personnelle et les raisons – heureuses ou tragiques – qui les ont conduits jusqu’en France, les personnes interrogées jugent l’école comme une priorité. « Y inscrire leurs enfants est souvent leur premier acte social, parfois même avant le logement. » relèvent les auteurs de l’enquête, ajoutant que « pour ceux qui peinent à apprendre le français, l’une des principales motivations pour s’accrocher reste de pouvoir superviser la scolarité de leurs enfants. » Car bien avant leur arrivée, les personnes interrogées voient dans l’école française l’espoir d’une vie plus heureuse pour leurs enfants, « un espoir qui justifie leur sacrifice, leur donne l’envie et le courage pour surmonter les obstacles » soulignent les rédacteurs.

Un rapport à l’école différencié

Le rapport à l’école qu’entretiennent ces parents immigrés est d’abord fonction de l’âge des enfants, plus personnalisé et plus étroit quand ceux-ci sont à la maternelle et en primaire. Il est en revanche plus éloigné quand ils sont en collège et en lycée du fait notamment de l’arrivée à un âge plus mûr et à une plus grande autonomie. Certains parents vivent par ailleurs la scolarité de leur enfant « comme un tremplin d’insertion pour eux-mêmes ». Ils participent activement à la vie de l’école ce qui leur permet de nouer des relations avec les autres familles, même s’ils maîtrisent mal le français. Pour d’autres au contraire, « l’école est vue comme un lieu inaccessible, peu accueillant, et ils en souffrent » constate l’étude. Une école qui semble quoi qu’il en soit le lieu idéal pour s’intégrer. Le dispositif « Ouvrir l’école aux parents » est à ce titre perçu comme particulièrement intéressant mais mériterait d’être sensiblement développé. Il ne se déploie aujourd’hui que dans 18 % des établissements en éducation prioritaire, moins d’un pour mille du total des établissements de l’enseignement public.

Lire :
- les résultats de l’enquête