Rentrée
L’école un investissement d’avenir
2 septembre 2010

12 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école dans un climat marqué par les conflits sociaux, les suppressions de postes et la politique sécuritaire du gouvernement. Le SNUipp propose de redonner de la qualité de vie à l’école pour mieux favoriser la réussite de tous.

Après celle des enseignants hier, c’est aujourd’hui la rentrée pour 12 millions d’élèves, dont plus de 5,7 millions prennent ou reprennent le chemin de l’école primaire (3,5 millions en élémentaire, 2,2 millions en maternelle). La rentrée, c’est toujours aussi celle des parents, à qui le SNUipp adresse une lettre ouverte expliquant son analyse de la situation de l’école. Une analyse qui a peu de points communs avec celle du ministre de l’Education nationale Luc Chatel même si ce dernier affirme vouloir « passer de l’Ecole pour tous à la réussite de chacun ». Mais pour cela encore faut-il que le gouvernement se donne les moyens nécessaires. « Moins de postes et moins de formation ça ne fera jamais mieux d’école pour les élèves » avait expliqué Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp, lors d’une conférence de presse du syndicat le 25 août. Suppression de 16 000 postes à la rentrée et déjà autant en prévision pour 2011, 3 000 postes ouverts au concours l’an prochain contre 7 000 cette année, non remplacement d’un départ à la retraite sur deux alors que près de 12 000 enseignants du 1er degré s’en iront cette année, réduction du nombre d’emplois aidés, affaiblissement des RASED, renoncement à la scolarisation des moins de 3 ans…, pour le syndicat la situation n’a jamais été aussi tendue.

Un climat inédit pour la rentrée

« Cette rentrée va se dérouler dans un climat inédit », a prévenu le secrétaire général du SNUipp. Inédit parce que pour la première fois le ministère envisage ouvertement de supprimer massivement des postes d’enseignants devant élèves. Un objectif clairement énoncé dans une note adressée par le ministre aux IA avant les vacances, les priant de dégager des « gisements d’emplois ». « Au final, ce sont les élèves et notamment les plus fragiles » qui vont payer « la facture scolaire » estime le syndicat. Ce point de vue est corroboré par le rapport de la cour des comptes qui estime qu’en matière d’investissement dans l’éducation, la France à un niveau de dépenses inférieur de 15% à celui de la moyenne des pays de l’OCDE. Pourtant, « l’école, est un investissement d’avenir », martèle Sébastien Sihr, alors que de toute évidence les choix budgétaires du gouvernement sont à l’opposé de cette conception. Une réalité nettement perçue par les Français qui se montrent de plus en plus critiques vis-à-vis de la politique gouvernementale comme l’atteste le sondage réalisé par CSA pour le SNUipp. Inédit le climat l’est encore en raison de la grève du 7 septembre qui fait l’objet de la lettre ouverte aux parents. « Ce n’est pas facile pour les enseignants de glisser dans les cartables dès les premiers jours de classe un message leur annonçant une grève », a expliqué le secrétaire général du SNUipp, mais a-t-il souligné reprenant les motifs de cette journée intersyndicale, « l’emploi, les salaires, la retraite, sont autant de sujets qui mobilisent les parents et certains seront aux côtés des enseignants dans les manifestations ».

La qualité de vie à l’école pour favoriser la réussite

Inédite, cette rentrée l’est aussi du fait du climat délétère entretenu autour des questions de sécurité, d’accueil des étrangers sans papier et des Roms durant l’été. Un climat qui ne peut que rejaillir sur l’école d’autant que le ministre de l’E.N. s’est emparé de la thématique « toute infraction » devant selon lui « être sanctionnée », la sécurité devenant « une priorité de l’Education nationale. Refusant de rentrer dans le débat sécuritaire, le SNUipp a cependant demandé à Luc Chatel de garantir le droit à la scolarisation qui concerne tous les enfants et qui figure au rang des engagements de la France signataire de la Convention internationale des droits des enfants. Pour le SNUipp, la priorité est avant tout de donner les moyens à l’école de relancer la démocratisation du système scolaire, de s’attaquer à ce noyau dur de 15% d’élèves qui, chaque année sortent du système scolaire en situation d’échec. « La question du climat scolaire est trop rarement posée » explique le SNUipp pour qui « les enseignants ont besoin de sérénité » alors que la souffrance au travail se développe. Le « climat », c’est aussi la qualité de vie des élèves à l’école. La qualité architecturale des locaux, la gestion de la pause méridienne, le niveau d’équipement des écoles, l’encadrement, les rythmes scolaires, autant de données déterminante pour réussir les apprentissages.

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