Travail des enfants
L’OIT au rapport
29 septembre 2013
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Un rapport de l’organisation internationale du travail (OIT) montre que la lutte contre le travail des enfants porte ses fruits, même si l’objectif d’en éliminer les pires formes d’ici 2016 ne sera pas atteint au rythme actuel.

« Nous avançons dans la bonne direction mais les progrès sont encore trop lents. (...) nous devons redoubler d’efforts à tous les niveaux. Il existe 168 millions de bonnes raisons pour cela. » Ces 168 millions de bonnes raisons, c’est le nombre d’enfants qui, selon Guy Ryder, secrétaire général de l’OIT, sont encore aujourd’hui contraints de travailler dans le monde. Car si ce chiffre a sensiblement baissé depuis quinze ans, beaucoup reste à faire pour éradiquer ce fléau. Et de fait, le nombre d’enfants qui travaillent dans le monde a diminué d’un tiers depuis 2000, passant de 246 millions à 168 millions (l’essentiel des progrès ayant été accomplis entre 2008 et 2012) indique le rapport rendu public le 23 septembre dernier.

Des données implacables...

Si le plus grand nombre d’enfants “travailleurs” se trouve dans la région Asie-Pacifique (près de 78 millions), l’Afrique subsaharienne a la plus forte prévalence par rapport à la proportion de la population (21 % des moins de 18 ans). L’agriculture (98 millions), les services (54 millions) et l’industrie (12 millions) sont les principaux secteurs économiques concernés et plus de la moitié des 168 millions d’enfants qui travaillent dans le monde sont engagés dans des activités dangereuses, « activités qui mettent directement en péril leur santé, leur sécurité et leur développement moral » selon les critères définis par la communauté internationale. Ils sont encore 85 millions, contre 171 millions en 2000, et l’objectif de disparition de ces « pires formes de travail des enfants » à l’horizon 2016 risque bien de ne pas être tenu.

...et des raisons d’espérer

Pourtant, on constate un net recul du phénomène concernant les filles (- 40% depuis 15 ans). De plus, le rapport de l’OIT identifie un certain nombre d’actions qui ont permis de réaliser des progrès significatifs ces dernières années. Les choix politiques et les investissements, tout particulièrement en matière d’éducation et de protection sociale, semblent avoir portés leurs fruits dans certains pays. Parmi les autres facteurs, figurent le nombre croissant de ratifications par les États des deux conventions de l’OIT concernant le travail des enfants, ratifications qui montrent des choix politiques forts et se traduisent par la mise en place de cadres législatifs plus solides.
Les conclusions de ce rapport devraient servir de base aux travaux de la troisième conférence mondiale sur le travail des enfants qui se tiendra à Brasilia du 8 au 10 octobre prochain.

Télécharger :
- le rapport de l’OIT