Dossier : "Innovation : des essais pour transformer"
Innover : L’impossible définition ?
9 septembre 2013
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« C’est quoi l’innovation ? » Fenêtres sur cours a posé la question à deux mouvements pédagogiques (l’ICEM et le GFEN), une association professionnelle (l’AGEEM), et un institut de recherche pédagogique (l’IFÉ). L’innovation, c’est quoi ? Un concept ? Une posture ? C’est expérimenter ? Changer ses pratiques ? Trouver des solutions à des problèmes complexes ? S’adapter à des situations ou des publics nouveaux ? Paradoxalement, les mouvements pédagogiques, pourtant fondateurs de l’éducation nouvelle se méfient du terme. « Il ne suffit pas d’innover pour que ça change. Certaines pratiques aux habits de modernité peuvent s’avérer discriminantes, leurrer les élèves sur ce qui importe, les aveugler sur l’essentiel faute de clarté. » déclare Jacques Bernardin du GFEN. Pour l’ICEM qui incarne depuis 90 ans la pédagogie Freinet, « l’innovation, ce n’est pas forcément une nouveauté », ajoute Catherine Chabrun, sa présidente (ICEM). « Ce n’est pas une posture de circonstance, c’est une posture permanente. » Des précautions sans doute liées aux tentatives de reprise en main de l’innovation par l’institution. « L’injonction à l’innovation s’est diffusée sous l’effet des prescriptions internationales » nous rappelle Patrick Picard de l’IFÉ et « l’Inspection générale en a bien pointé les ambiguïtés, notamment la confusion avec l’idée d’expérimentation. » Une référence à la loi d’orientation de 2005 qui autorisait l’expérimentation sous réserve d’autorisation préalable, de durée limitée dans le temps et de thèmes imposés. A l’AGEEM, si on n’est pas opposé au cadre, on revendique la liberté de créer. « Être dans l’innovation dépend de notre capacité à faire du neuf, cela suppose d’avoir la capacité de développer sa créativité, de vivre l’expérience en se mettant en jeux, en acceptant de douter, de se questionner, d’être imparfait. » déclare sa présidente Isabelle Racoffier.

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Transformer, inventer en s’appuyant sur le collectif

Des réticences qui n’empêchent pas d’agir, bien au contraire, car plus qu’innover il s’agit de transformer. « L’innovation est moins dans l’habillage des situations que dans une refonte de leur conception et de leur conduite pour créer les conditions d’une réussite partagée, au sein d’un collectif classe solidaire » dit-on au GFEN. « Il s’agit d’une véritable rupture qui doit concourir à de réelles transformations de l’École, ajoute-t-on à l’ICEM, des pratiques de rupture, mais des pratiques cohérentes prenant appui sur l’expérience de praticiens et d’équipes pédagogiques œuvrant sur le terrain. » Pour tous, l’innovation ne se décrète donc pas. Il s’agit plutôt de pratiques nouvelles qui s’élaborent au plus près du terrain et des praticiens comme le confirme Patrick Picard : « du côté de l’enseignant, innover, c’est chercher à faire ce qu’il n’arrive pas encore à faire, notamment pour faire réussir les élèves. C’est surtout lorsqu’on se penche sur la nature des difficultés des élèves qu’on invente de nouvelles manières de faire, souvent collectivement, sans faire l’économie de controverses sur les solutions efficaces. » Une conclusion qui devrait avoir de l’écho chez tous les enseignants.

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Le SNUipp-FSU, syndicat de la transformation de l’école
- Innover : L’impossible définition ?
- EN BREF
- Projet maternelle : Nanterre au cœur de la mêlée
- S’adapter en équipe : Changement de cadre
- « De multiples définitions »