Les premières inégalités touchent l’espérance de vie du fait de la pénibilité des emplois, de l’entrée précoce dans la vie professionnelle. Ainsi à l’âge de 35 ans, un ouvrier aura une espérance de vie inférieure de 6 ans à celle d’un cadre. Il est cependant plus explicite d’observer ce qu’on appelle l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans limitation d’activités, ni incapacités. Toutes catégories confondues, cette espérance n’est que de 64,2 ans pour les femmes et 63,1 ans pour les hommes [2] , et elle est inférieure de 10 ans pour un ouvrier par rapport à un cadre…
En ce qui concerne les femmes les inégalités tiennent à leurs carrières professionnelles faites majoritairement d’interruptions et d’emplois à temps partiel non choisis. Elles ont en moyenne une retraite de 822 euros contre 1455 euros pour les hommes. 63% des allocataires du minimum vieillesse sont des femmes. Dans la fonction publique d’État, qui comprend une majorité d’enseignants, la pension moyenne des femmes est de 1887 euros contre 2243 euros pour les hommes. De fait les inégalités sont à tous les niveaux et résultent de carrières professionnelles où se sont accumulées les injustices : salariés âgés chassés de l’emploi (seulement 4 sur 10 encore en emploi à l’âge légal de la retraite), entrée tardive dans l’emploi et précarité pour les jeunes des jeunes, carrières en dents de scie alternant emploi et chômage…