"Il y a un déficit au niveau de l’offre, assez variable selon les régions "
Edith Voisin est conseillère technique dans le domaine de la petite enfance à la Caisse Nationale d’Allocations Familiales
10 milliards d’euros de la Cnaf pour l’enfance : 8 milliards pour les allocations familiales, et 2 milliards pour les structures d’accueil.

La répartition selon les différents modes de garde a-t-elle évolué au cours de ces dernières années ?
- Il y a une certaine stabilité. Cependant, on note une légère progression du mode de garde collectif parce qu’il y a un peu plus de places qui se créent. Mais le mode d’accueil individuel par une assistante maternelle reste toujours le premier mode d’accueil payant en France.
Cette offre d’accueil est-elle en adéquation avec la demande des familles ?
- Il y a un déficit au niveau de l’offre, assez variable selon les régions. Certaines sont plus déficitaires que d’autres, notamment en région parisienne, alors que dans les régions plus rurales, les problèmes de garde d’enfants ne sont pas aussi cruciaux.
L’offre ne dessert donc pas également l’ensemble du territoire ?
- Pour les assistantes maternelles, l’offre reste relativement uniforme. Par contre, la répartition est assez inégale pour les modes d’accueil collectif. Près de la moitié des places des crèches se situe en région parisienne et le reste dans lesgrandes villes. La crèche est donc un mode d’accueil urbain qui existe peu en campagne, parce qu’il n’y a pas assez d’enfants. Par contre, dans les régions rurales, des expériences de haltes-garderies itinérantes sont mises en place. Une demi-journée par semaine, dans chaque commune, les personnels, se déplaçant en bus, accueillent les enfants dans des locaux mis à leur disposition par la municipalité. Mais ce système fonctionne uniquement pour une garde ponctuelle.
Quel est l’impact des politiques des collectivités locales sur cette offre ?
- Les collectivités sont au coeur de la politique de la petite enfance. Elles gèrent la plupart des établissements. Les maires ont conscience de l’importance de l’enjeu d’avoir une politique petite enfance à l’échelle de leur commune. Les caisses d’allocations familiales ont une action incitative en direction des communes pour la création de structures d’accueil.