Enseignement adapté
Groupe de travail « EREA » du 16 septembre.
8 octobre 2014

C’est dans un contexte très conflictuel au sein de plusieurs EREA que s’est tenu le groupe de travail du 16 septembre dernier. Après avoir formulé plusieurs recommandations sur le pilotage académique, la carte des formations ou les affectations, l’instance a défini de nouveaux axes de travail. Une circulaire devrait paraître en février 2015

Ce groupe de travail se situe dans le prolongement du chantier ouvert sur l’enseignement adapté au collège (SEGPA), lui-même inscrit dans la réforme plus globale du premier cycle du second degré. La situation des EREA est par ailleurs très conflictuelle ces dernières années, avec notamment des tentatives de remplacement des PE-éducateurs par des AED pour les missions de surveillance, mais aussi la chute des effectifs qui serait semble-t-il enrayée récemment.

Présents :
- Administration (DGESCO) : Hélène Ouanas, Sandrine Lair et une partie de son équipe
- Didier Jouault, Inspecteur général, auteur du rapport sur les EREA
- Organisations syndicales : FSU (SNUipp, SNES, SNUEP), UNSA (UNSA-éducation, SE, SNPDEN), SGEN-CFDT, SUD-ÉDUCATION, CGT Educ’action, SNALC, FO (ID, SNUdi et SNETAA)

Déclarations liminaires :

La FSU lit une déclaration liminaire (lire ici). Elle demande par ailleurs des précisions quant à la suite du travail engagé sur les SEGPA, notamment sur les personnels (demande relayée par les autres organisations). La CGT demande ce qu’il en est de sa demande d’associer à la réflexion sur les SEGPA le CERFOP

Réponses de l’administration :

Sur le calendrier, un travail est en cours sur la réforme du collège, on attend aussi la nomination du président du CSP, de ce fait, la DGESCO attend des indications sur la réforme du collège pour présenter une nouvelle circulaire SEGPA.

Pour les personnels, cela ne peut se résoudre que dans le cadre d’un travail avec la DGRH... qui n’est pas là. On se rapprochera de la DGRH au moment où ces questions devront être abordées.

Sur les thématiques exposées par la FSU, en fin de séance, on définira les sujets pour les travaux à venir.

Le travail avec le CERFOP est en cours. Le CERFOP participerait à la rédaction du projet de circulaire.

Présentation de Didier Jouault

L’Inspecteur général présente les principaux points de son rapport. Il précise que sa position n’est pas celle d’un sociologue ou d’un budgétaire, mais d’un « pédagogue engagé ». L’intérêt majeur est celui des élèves. Certaines des propositions du rapport devraient faire l’objet d’un consensus, d’autres sont contradictoires avec les positions exprimées... mais elles n’engagent pas, pour le moment, l’administration.

Les EREA

Les EREA ont été créés essentiellement dans les années 60/70 Se pose la question de leur adaptation à des évolutions politiques fortes (loi de 2005, socle...) De par leur vie « autonome », on observe une grande diversité des EREA, une diversité d’implantation, une diversité des publics et des formations. 11 EREA se sont transformés en LEA (pas de SEGPA)

Les élèves
- diminution des effectifs sur 15 ans,
- presque 2/3 des élèves en SEGPA des EREA sont internes. C’est une spécificité des EREA
- Deux fois plus de garçons que de filles.
- 22 % de PPS... Parce que l’EREA est spécialiste de l’adaptation des apprentissages ?

Recommandation : à défaut de texte nouveau, instituer un pilotage académique.

La proportion des élèves de type « SEGPA » diminue à partie de 2005, le croisement des courbes s’opère en 2006 / 2007.

A l’issue de la 3ème (souvent SEGPA), 40 % de poursuite en EREA... Ce qui amène à interroger l’éventuel effet filière de l’EREA.

Recommandation : carte des formations plus lisible, à revoir.

Taux de réussites élevés, EREA = « espace de réussite pour les élèves ». Peu de décrochage

Les EREA sont plutôt bien dotés par rapport aux autres structures, il y a des organisations intéressantes, des expérimentations, mais non soumises à une quelconque autorité, non évaluées, non diffusées...

Recommandation : Repérer, valider, mutualiser les différentes pratiques.

Personnels, moyens humains :

Près de la moitié des postes d’enseignants-éducateurs est occupée par des personnels non spécialisés (seul 20 % pour les enseignants – classes). Mais quelques constats « sévères » : surtout dans le domaine de l’action éducative de la reconduction à l’identique, pas d’analyse des besoins, de l’occupationnel... Pas d’évaluation. Pas de concertation entre les différents professionnels. Dérive du système : ex. de l’emploi du temps de « Mlle z » (cf rapport). Ce qui se passe dans l’académie de Grenoble pourrait être la règle. L’enseignant - éducateur pourrait revenir au cœur de son métier.

Recommandations : toute affectation en EREA exige une spécialisation, création de la fonction de CPE, pas de spécialisation des PE à l’intérieur de l’EREA (faire de l’enseignement et de l’éducatif), s’intéresser à la sortie de l’EREA (qualification)

Échanges avec organisations syndicales :

La FSU souligne les situations conflictuelles en cette rentrée (Grenoble...), elle indique qu’il ne saurait y avoir de changements dans l’organisation sans l’accord des personnels et le respect de leur professionnalité. La plupart des EREA fonctionnent correctement, même si des améliorations sont toujours possibles.

La plupart des organisations syndicales soulignent la réussite des ces structures pour les élèves en grande difficulté, réussite mentionnée dans le rapport et dans laquelle l’internat éducatif prend toute sa part.

Elles contestent la vision selon laquelle le faible taux de spécialisés viendrait d’un refus de la part des personnels : dans nombre de départements, les départs en formation ont fortement diminué, faute de moyens budgétaires. Par ailleurs, les PE-éducateurs sont en difficulté à l’examen du CAPA-SH qui exige une séquence en classe, ce qui ne correspond pas à leurs missions, pourtant reconnues. Les 2CA-SH ne sont pas attractifs car ils n’offrent aucun droit particulier. La FSU a indiqué la quasi absence d’informations concernant les enseignements adapté et spécialisé à l’IUFM et maintenant. Il y a urgence à remédier à ce manque. La question de la formation continue se pose aussi.

La FSU pose le problème de la durée de préparation du CAP : le redoublement n’est pas vraiment la solution, il faudrait pouvoir donner plus de temps à certains élèves (rejoint par la CGT sur ce point).

La CGT relève que les régions ont beaucoup investi dans les EREA, mais qu’elles se posent des questions quant à leur devenir.

FO évoque le problème des orientations « par défaut ». Elle rappelle que le travail de nuit doit être réglementé.

Sur les internats éducatifs, la quasi-totalité des organisations syndicales rejettent le principe du remplacement par des AED, car ce sont des personnels précaires et non formés pour ces missions.

A l’issue de cette première réunion, plusieurs axes de travail sont indiqués :

- apport à la spécificité de l’internat
- projet d’établissement, projet éducatif, organisation des l’enseignement
- SEGPA, LEA... dans quel sens on va ?
- les missions des personnels (avec la DGRH)
- la préparation de la sortie (avec le groupe SEGPA ?)

Idéalement, la nouvelle circulaire devrait être publiée pour février 2015, mais l’incertitude demeure quant au chantier de rénovation du collège.

A consulter :

- La déclaration liminaire des syndicats de la FSU
- Le rapport de Didier Jouault : Les EREA en 2012 : après 50 ans, des établissements oubliés ou des structures porteuses d’avenir ?