Dossier "L’enfant perturbateur : un "cas" d’école"
Gestion collective à Toulouse : l’autonomie dans le cartable
5 mai 2014

A l’école Ernest Renan de Toulouse, afin d’être au plus près de leurs 194 élèves, les enseignants ont inscrit le climat scolaire et la prévention pour tous dans leur projet d’école. Agir en amont pour tous afin de désamorcer les comportements perturbateurs de certains.

Tout n’est pas rose dans cette enclave difficile du nord de Toulouse. L’équipe formée de 15 enseignants de l’école Ernest Renan en REP+ de 10 classes, dont une CLIS, a décidé il y a trois ans de prendre à bras le corps les difficultés liées au comportement. Ils ont misé sur une prévention pour tous, pour gérer, sans les stigmatiser, tant que faire se peut, les élèves perturbateurs. «  Quand je suis arrivée, je venais d’une école maternelle et la proposition que j’ai faite de l’aménagement particulier des montées en classe a décontenancé mes collègues  » raconte la directrice. Finis les rangs qui se bousculent dans la cour et les cris. 10 minutes d’accueil, où les élèves arrivent dans la cour, montent sereinement en classe et sont accueillis individuellement par leur enseignant. «  Ce permis de circuler rend la rentrée plus fluide, il y a moins de conflits. C’est la présence de 2 maîtres surnuméraires et de l’équipe du CLAE* qui a bien sûr facilité la mise en place de ce dispositif  ». Puis ce sont les récréations qu’il a fallu aménager. 3 espaces, des jeux différents, des circulations libres, des rangements organisés par les élèves, sous la responsabilité des enseignants. «  Tout est fait pour éviter la sanction. Si un élève a un comportement dangereux ou non respectueux, ce sont ses droits à l’autonomie qui sont gelés  » poursuit-elle.

Permis de réussir

En classe, le projet d’école a mis en place les ceintures de comportement. «  Jamais un élève ne sort de la classe...et ils le savent  » explique une enseignante. C’est le groupe classe qui se réunit une fois par semaine, parle, propose, régule, et félicite. «  Les paliers sont petits et les élèves, même les plus difficiles ou les plus en difficulté, ont la possibilité de progresser. Le plus important c’est de leur dire ce que l’on attend d’eux  ». Les effectifs réduits des classes, la présence de maîtres surnuméraires en cycle 2, celle d’assistants pédagogiques en cycle 3, favorisent le travail en groupe, des temps d’individualisation. Les conseils des maîtres ont lieu chaque semaine, et les discussions se poursuivent à l’heure du déjeuner pour suivre tout ce qui se met en place, parler des enfants en difficulté et travailler le lien indispensable avec les familles et les partenaires. De nombreuses équipes éducatives sont mises en place auxquelles participent le directeur du CLAE, le maître G qui intervient en cycle 2 et le psychologue scolaire, qui se rend parfois dans les classes et conseille les enseignants. C’est toute l’équipe éducative qui a pris un pinceau pour peindre en rose l’avenir des élèves.

*CLAE : Centre de Loisirs Associé à l’Ecole

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Une prise en compte institutionnelle
- Historique : passés au premier rang
- « Entendre et accompagner les enseignants »
- Protocole dans la Loire : mieux voir le trouble
- En bref
- Gestion collective à Toulouse : l’autonomie dans le cartable
- « L’école comme un cadre structurant et apaisant »