Enseignement scientifique
Georges Charpak ne mettra plus la main à la pâte
30 septembre 2010

L’initiateur de La main à la pâte est mort jeudi 30 septembre. Prix Nobel de physique 1992 l’ancien élève de Frédéric Joliot-Curie, spécialiste de la physique nucléaire aura marqué le monde enseignant par sa méthode innovante de d’enseignement scientifique. Hier, le SNUipp lui a rendu hommage.

Le prix Nobel de physique 1992 Georges Charpak est décédé jeudi 30 septembre à l’âge de 86 ans. Les hommages ont été unanimes hier à l’annonce de sa mort pour saluer celui qui a été à l’origine de La main à la pâte avec Yves Quéré et Pierre Léna. Dans un communiqué publié dans l’après-midi d’hier, le SNUipp a rendu hommage au physicien qui « a considérablement aidé les enseignants des écoles à mettre en oeuvre une démarche pédagogique qui, en suivant le même processus que la recherche scientifique, privilégie la participation des élèves plutôt que la parole « descendante » de l’enseignant ». Il a également salué la pertinence pédagogique d’une « démarche qui s’appuie sur le questionnement des enfants, recommande de ne pas leur répondre immédiatement afin de les laisser formuler des hypothèses, réaliser des expériences pour construire les bonnes réponses ». Une démarche qui « allie observation, étonnement, formulation d’hypothèses et rigueur dans le raisonnement. »

De la Résistance au prix Nobel

Né en 1924 en Pologne dans une famille juive, Georges Charpak a émigré en France à l’âge de 7 ans où, 10 ans plus tard, il s’engage dans la Résistance contre l’occupation nazie. Arrêté en 1943, il sera déporté au camp de concentration de Dachau. Survivant à la déportation, il obtiendra la nationalité française en 1946. Un an plus tard, diplômé de l’Ecole des Mines à Paris, il rentrera au Collège de France où il comptera parmi ses professeurs Frédéric Joliot-Curie, avant d’intégrer l’équipe de recherche nucléaire dirigée par ce dernier au CNRS. Il rejoindra le CERN à Genève en 1963 pour y rester jusqu’en 1989. C’est d’ailleurs au sein du Centre européen de recherche nucléaire qu’il élaborera la « chambre proportionnelle multifils », outil de détection des particules, qui lui vaudra son prix Nobel trois ans après son départ.

L’innovation dans l’enseignement scientifique

Elu membre de l’Académie des sciences en 1985 Georges Charpak s’est investi à partir de 1996 dans une démarche de rénovation de l’enseignement scientifique qui a conduit à la création de La main à la pâte. Cette méthode, utilisée aujourd’hui dans près du tiers des établissements scolaires en France, a depuis fait des émules dans plusieurs pays à travers le monde. Hier, Luc Chatel a souligné l’"influence profonde" du scientifique "sur la rénovation de l’enseignement des sciences dans notre pays". Il a salué l’homme qui «  se passionna également pour la transmission du goût des sciences aux jeunes générations". De son côté, le SNUipp a rappelé que Xavier Darcos avait retiré du site du ministère le document d’accompagnement des programmes, cosigné par l’Académie des sciences et La Main à la pâte. Il a proposé à l’actuel ministre « de rendre hommage à Georges Charpak, en rétablissant ce document sur le site du ministère pour favoriser cette démarche pédagogique ».

L’hommage de l’Académie des sciences

- Le communiqué du SNUipp
- Le message de La main à la pâte