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Frères et sœurs : apprendre l’un de l’autre
2 septembre 2014
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Une étude universitaire canadienne analyse les apprentissages spontanés et naturels qui s’effectuent quand frères et sœurs jouent ensemble sans l’intervention des adultes.

On savait le jeu essentiel pour apprendre. Mais le jeu entre frères et sœurs ? Une récente étude de l’université Concordia de Montréal montre que «  le temps de jeu ininterrompu entre les enfants d’une même famille est essentiel à l’apprentissage  ». Au cours de six séances de 90 minutes, l’équipe de chercheurs dirigée par Nina Howe a observé les interactions entre frères et sœurs dans le foyer même de 39 familles de la “classe moyenne” participant à l’étude. Les deux enfants d’une même fratrie, âgés de 4 et 6 ans, étaient encouragés à jouer mais aucune consigne ne leur était donnée. Les moments d’ «  enseignement  » pouvaient comprendre toutes sortes d’activités, qu’il s’agisse d’apprendre à compter ou à effacer la craie sur un tableau. Les chercheurs ont noté que les moments d’enseignement se sont manifestés beaucoup plus fréquemment que prévu. «  Parfois brefs, ces moments d’enseignement pouvaient aussi devenir assez élaborés.  » affirme Nina Howe.

Des modes d’apprentissages enrichis

Les chercheurs ont remarqué que l’enfant plus jeune initiait autant l’activité d’apprentissage que le plus vieux et que l’enfant qui enseignait utilisait une variété de techniques pédagogiques au cours de ses leçons informelles. «  Un autre aspect qui nous a surpris est le type de savoir qui était enseigné  » ajoute la chercheuse. Les expériences en laboratoire avaient déjà montré l’intérêt des enfants plus âgés pour la transmission de connaissances procédurales, c’est-à-dire l’enseignement des marches à suivre (pour construire une tour avec des blocs par exemple). Mais ici, dans leur milieu naturel, les jeunes ont tendance à poser à leurs aînés des questions liées aux connaissances conceptuelles (par exemple, comment faire la différence entre un cercle et un carré ou comment distinguer les jours de la semaine). Des apprentissages naturels et spontanés pour peu qu’on leur laisse le temps et l’espace pour exister.