CAPPEI
Formation spécialisée : des questions subsistent
1er décembre 2016

Le Certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (CAPPEI) devrait dès la rentrée prochaine remplacer le CAPA-SH. Si ses objectifs déclarés sont d’uniformiser la formation spécialisée des 1er et 2nd degré, une mise en conformité de cette formation avec la loi de 2005 et la loi de refondation de 2013, d’importantes questions restent en suspens.

Le Certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (CAPPEI) qui devrait voir le jour dès la rentrée prochaine sanctionnera une nouvelle architecture de formation. Les options disparaissent, remplacées par des modules de professionnalisation qui déterminent la spécialité et donc le choix des modules d’approfondissement. Cette formation s’adressera aux enseignants du premier comme du second degré et se décomposera en deux temps :

- 300 heures pour la certification (144h en tronc commun, deux modules d’approfondissement de 52h chacun et un module dit « Professionnalisation dans l’emploi de 52h.)

- 100 heures de formation complémentaire sous la forme de stages de modules d’initiative nationale (MIN). Les titulaires du CAPPEI pourraient faire valoir leur droit opposable à ces modules de formation d’initiative nationale initiale (MIN) pendant cinq ans et ce, dès l’année de leur demande, à raison de deux modules maximum par an, pour un volume ne dépassant pas 50 heures.

En responsabilité sur leur poste, les stagiaires seraient accompagnés par un tuteur expérimenté.

Présentation de l’architecture

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La certification

- Épreuve 1 : une séance d’enseignement d’une durée de 45 minutes avec un groupe d’élèves, suivie d’un entretien d’une durée de 45 minutes avec la commission.
- Épreuve 2 : un entretien avec la commission d’une durée de 45 minutes à partir d’un dossier élaboré par le candidat portant sur sa pratique professionnelle. La présentation de ce dossier n’excède pas 15 minutes. Le mémoire professionnel disparait.
- Épreuve 3 : sur une demi-heure, la présentation d’une action conduite par le candidat témoignant de son rôle de personne ressource en matière d’éducation inclusive, suivie d’un échange avec la commission.

Des évolutions

Suite à l’intervention du SNUipp-FSU, un certain nombre de points ont évolué positivement :

- le volume horaire de la formation a évolué, 100h de stage « MIN » ayant été ajoutés ;
- un droit opposable est inscrit pour ces stages MIN dès que l’enseignant en fait la demande ;
- le maintien des deux types d’aides RASED ;
- un très léger rééquilibrage de l’architecture : le tronc commun passant de 156 h à 144 h et les modules d’approfondissement et de professionnalisation dans l’emploi de 48 h à 52 h ;
- l’ajout de la prévention et de l’adaptation dans les missions des personnels ;
- la réintroduction de la possibilité de passer la certification en candidat libre ;
- le tuteur est choisi en raison de son expérience parmi les enseignants spécialisés dans le domaine de l’éducation inclusive ;
- les enseignants référents et les secrétaires de CDOEA auront maintenant une formation ;
- la réintégration de l’enseignant spécialisé dans le jury.

Des questions qui restent en suspens

L’intitulé du nouveau diplôme
Alors que le CAPSAIS et le CAPA-SH mentionnaient dans leur dénomination le A d’adaptation scolaire, ce n’est plus le cas du nouveau diplôme et la dualité adaptation/handicap n’est plus identifiable.

L’architecture de la nouvelle formation
Même si le SNUipp-FSU a obtenu 100 heures complémentaires au travers des stages MIN, on reste loin des volumes de formation antérieurs. 750 heures pour le CAPSAIS, 400 heures pour le CAPA-SH. La certification intervenant après 300 heures de formation reste un recul important.
Par ailleurs, le volume du tronc commun reste trop important (144 heures, soit presque la moitié) par rapport aux autres modules de formation.

La disparition des options traduit la volonté de faire des enseignants spécialisés des personnes ressources et pose la question d’une dilution des moyens pour répondre avant tout aux urgences et aux difficultés liées à l’inclusion scolaire. Le nécessaire abondement des postes RASED à leur niveau de 2008 reste d’actualité.

Le parcours dans les différents modules - tronc commun, approfondissement et professionnalisation dans l’emploi - est organisé sur une année scolaire. Le pré-stage de juin, qui avait l’avantage de préparer le stagiaire à sa nouvelle prise de poste, disparaît.

L’examen du CAPPEI
La période d’examen, entre le troisième trimestre de l’année scolaire et avant la fin de l’année civile est maintenue, laissée à la libre appréciation des recteurs : cela peut poser problème, notamment dans les centres de formation qui regroupaient des stagiaires venant de différentes académies, avec des calendriers différents.

Par ailleurs, la possibilité de repasser le CAPPEI en cas d’échec n’est possible que pendant les deux années suivantes. Le SNUipp-FSU a obtenu une possibilité de dérogation à ces deux ans accordée par le recteur.

Changement de parcours
Les textes actuels sont très flous à ce sujet : il est question de pouvoir accéder à différents modules (de spécialisation, de professionnalisation, de stage MIN...) qui donneraient lieu à une « attestation professionnelle précisant les nouvelles compétences acquises ».

Sur toutes ces questions, le SNUipp-FSU continue d’intervenir auprès du ministère.

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