Dossier | Rentrée : Ce qui attend l’école
Formation : en manque de continue
26 août 2013

La formation des enseignants est dévolue aux nouvelles ESPE. Où en est-on à cette rentrée ?

Une des missions des ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation) concerne la mise en place de la formation continue des enseignants des écoles. Déjà réduite depuis 2008 aux animations pédagogiques (18 heures par an) à cause d’un recul des crédits et de défauts d’organisation et de pilotage, l’actuelle FC permet peu d’échanger et de faire évoluer les pratiques. La maternelle est également quasi absente de l’offre de formation. C’est d’ailleurs ce que souligne le rapport des inspecteurs généraux « Actualisation du bilan de la formation continue des enseignants », publié en juillet dernier. Et à cette rentrée, force est de constater l’absence de nouvelles impulsions.

Dans les départements, les Conseils de formation se sont tenus en juin dernier, préparant les plans de formation des enseignants pour cette année scolaire. Si les formations obligatoires sont majoritairement assurées (directeurs, stagiaires, spécialisation,...), et donc à public désigné par l’administration, les formations liées à l’exercice du métier et soumises au libre choix des enseignants se sont réduites à peau de chagrin, comme dans l’Aude avec seulement 15,4 % de l’offre de formation, ou ont disparu comme dans l’Yonne. On note la très faible moyenne de journées de stage offertes aux enseignants : de 1,9 jour (Bilan Social 2011-2012). Or les nouveaux dispositifs, « Plus de maîtres que de classes » et la scolarisation des enfants de moins de trois ans, nécessitent des plans de formation ambitieux pour les équipes pédagogiques des écoles concernées.

Plus que jamais essentielle pour le SNUipp, la formation continue reste le signal fort que le métier d’enseignant n’est pas figé et évolue, pour mieux tenir compte des nouveaux publics, des besoins particuliers, pour s’exercer à de nouvelles pratiques. Il sera vain d’imaginer impulser une dynamique à l’école sans reconstruire une vraie culture qui passe forcément par des temps de réflexions collectives.