Dossier "Nouveaux programmes : comment faire ?"
Formation continue | Un accompagnement indispensable
9 novembre 2015

La vraie question qui se pose maintenant est celle de l’appropriation des programmes par les enseignants.

La vraie question qui se pose maintenant est celle de l’appropriation des programmes par les enseignants. Le ministère explique « Les nouveaux programmes reposant sur une conception nouvelle, ne sont plus la simple juxtaposition de programmes disciplinaires annuels imposant aux professeurs
les contenus, les démarches, les
méthodes et les progressions,
visant un élève abstrait. Ils s’inscrivent dans un projet global, s’adressant à tous les élèves, plus
attentif à la diversité de leurs
rythmes d’acquisition et faisant
davantage confiance à la professionnalité des enseignants. » Comment une telle ambition pourrait-elle se concrétiser sans l’assortir d’une formation continue de grande qualité ?

De nouvelles modalités de formation

Les savoirs ont évolué et les enseignants ont la particularité d’être polyvalents et non des experts, d’assurer l’enseignement de toutes les matières mais aussi de renforcer leur transversalité à travers des projets. Une remise à niveau disciplinaire sur des matières comme les sciences, les arts visuels ou les langues est indispensable. Les méthodes doivent s’adapter aux changements de notre société et de l’école. La formation continue doit permettre aux enseignants de s’approprier les nouvelles recherches en pédagogie et en didactique sur le travail de l’oral ou l’écriture en français mais aussi développer de nouvelles démarches de travail. Les seules mesures attendues en terme de formation continue se limiteront à quelques heures d’animations pédagogiques un mercredi après-midi, en grand-messe de 100 personnes. Pour assurer la réussite des élèves, il s’agit aussi de modifier les modalités de la formation et d’accompagner les enseignants sur la durée, en situations d’aller-retour entre théorie et pratique.

VERBATIM

JOËL BRIAND
Formateur et chercheur en didactique des mathématiques


« Des programmes en maths plutôt positifs. On y trouve les allègements nécessaires surtout en fin de cycle 3 et un retour à l’enseignement par les situations problèmes. A juste titre, ils prennent à nouveau comme objet d’étude la numération, point aveugle des programmes 2008, qui est pourtant la cause de 80% des difficultés en maths. Mais ne perdons pas de vue que les programmes ne remplacent pas la formation tant initiale que continue. Il en faut pour apprendre à différencier les tâches des objectifs, pour ne pas aller trop vite vers des objectifs terminaux sans prendre le temps d’installer des situations d’apprentissage. »
VERBATIM

DOMINIQUE BUCHETON
Professeur émérite en sciences du langage, formatrice


« Ces nouveaux programmes impliquent un travail considérable sur l’emploi du temps car il va falloir passer plus de temps sur l’oral, la lecture et l’écrit, et décloisonner les différentes disciplines. Il faudra mettre en œuvre
de nouveaux dispositifs de travail comme les ateliers ou gérer des projets complexes comme des chantiers d’écriture longue par exemple. Les enseignants devront réfléchir à la nature de leurs gestes professionnels et à leur posture d’accompagnement.
Cela demande bien sûr de la formation
et un accompagnement qui peuvent passer par un travail d’expérimentation de type essais-erreurs en petites équipes de 3 ou 4 personnes. »
VERBATIM

SYLVIE CÈBE
Maîtresse de conférences en sciences de l’éducation


« J’apprécie la place conséquente accordée au français dans les attendus de fin de cycle II. En intégrant le CE2 dans le nouveau cycle, on va donner aux enseignants un an de plus pour enseigner, exercer, répéter et leur permettre de mieux prendre en compte les enfants des milieux populaires qui pourront s’entraîner à l’école. C’est pour moi un vrai signe de refondation que de proposer une pédagogie de la compréhension explicite et qui ne soit plus de l’ordre de l’impensé didactique. »

L’ensemble du dossier
- Présentation du dossier
- Mise en œuvre : Du temps pour lire, du temps pour faire
- Formation continue : un accompagnement indispensable
- Travail en équipe : favoriser l’élaboration collective
- Table ronde : intéressant, oui, mais réalisable ?
- « Faire ensemble des choix dans tout ce qu’il y a à faire » - Entretien avec Patrick Picard, directeur du centre Alain Savary (CAS) à l’Institut français de l’éducation