Dossier "Formation continue : un besoin permanent"
Formateurs : Un besoin criant…
16 octobre 2013

Le ministère ouvre le chantier métier. La formation des formateurs, maillon essentiel de la réforme, doit y prendre toute sa place. Les attentes sont fortes.

Le constat est amer du côté des formateurs et là aussi, les inégalités territoriales sont présentes. Fabrice Jeunot, enseignant maître formateur et DEA dans les Alpes- Maritimes, pointe avant tout la situation des nouveaux formateurs qui « après quelques matinées dans le cadre de la préparation de leur CAFIPEMF, sont jetés dans le grand bain, sans accompagnement de l’institution. Ceux qui sont dans une école d’application sont entourés mais les autres sont isolés dans leur école ». Cette année, dans le plan académique de formation, seulement 24h sont prévues pour les EMF autour des élèves en difficulté ou de la formation à distance. « Il y a quelques années, il y avait des travaux collectifs sur des pratiques, mais aussi des interventions de personnalités émergeantes en éducation, en pédagogie, en psychologie » poursuit-il en constatant aussi que « par manque de temps, les formateurs n’ont quasiment plus accès au PAF enseignants, alors qu’ils restent des enseignants et que ces formations nourriraient aussi leur rôle de formateur ».

En quête de reconnaissance

La remise à niveau théorique, pour maîtriser les mutations de la pédagogie et de la métacognition, semble indispensable à Marie-France Passot, EMF dans l’Ain. Cette mise à distance, ce travail réflexif, elle les a trouvés dans le Master 2 qu’elle a suivi sur son temps personnel. La reconnaissance et la revalorisation du métier sont évoquées : le CAFIPEMF reste un diplôme « interne », l’expertise des formateurs n’est validée par aucune VAE et ils sont souvent moins diplômés que les enseignants qu’ils forment. Même son de cloche du côté des CPC. « Les groupes de travail départementaux nous permettent de nous retrouver, de travailler sur des outils, mais sans apport extérieur. Cela ressemble plus à une auto-formation, une mutualisation des idées et des pratiques » explique Lydia Bonnemain-Brière, CPC en Charente-Maritime. Dans les années fastes, ils ont connu des regroupements pédagogiques sur des journées thématiques, des stages de pratiques artistiques avec des professionnels, des séminaires nationaux, des formations aux techniques d’animation… tout ce qui leur manque à présent.


Ouverture du chantier

Le chantier métier ministériel qui s’ouvre dès le retour des vacances d’automne doit se pencher sur la réforme du métier d’enseignant. L’un des groupes de travail concernera les formateurs du 1er et 2nd degré, un autre les conseillers pédagogiques. Le SNUipp-FSU sera présent pour mettre sur la table toutes les questions qui préoccupent les formateurs EMF et CPC : les missions, la révision des obligations de service, la refonte du CAFIPEMF, la VAE , la revalorisation…

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier "Formation continue : un besoin permanent"
- Lier métier et recherche
- Rapport IGEN : des moyens insuffisants
- M@gistère : La mise à distance
- Plan départemental de formation : Le cas atypique de l’Eure
- « Pour améliorer la réussite des élèves »
- Formateurs : Un besoin criant…
- En bref
- « Faire parler le métier réel »