DOSSIER "TRAVAIL ENSEIGNANT : LE TEMPS QU’IL FAUT "
Finlande : une bonne dose de confiance
11 février 2014

Dans les années 70, la refonte du système éducatif a bouleversé le monde enseignant, plaçant le bien-être de l’enfant et la confiance dans les enseignants au cœur du système.

« Ici en Finlande, un enseignant doit assurer 24 heures devant les élèves qui vont définir un salaire de base (2500 euros bruts pour un débutant). En plus de ces heures, on évalue à 3 heures hebdomadaires le temps nécessaire pour les rencontres avec les collègues, les parents… mais ce qui fait vraiment la différence, c’est la confiance totale dont jouit l’équipe enseignante. Je ne tiens aucun registre de ces 3 heures, on ne me demande aucun contrôle… il faut juste que le travail soit fait ! ».

C’est ainsi qu’Ilkka Luoma-aho, directeur de l’Ecole Nätkin Koulu de Savonlinna en Finlande, désigné par ses collègues et maître spécialisé (il y en a un par école) explique un des fondements de la réforme de l’enseignement en Finlande. Et c’est ce qui frappe lorsque l’on visite cette petite école de la région des lacs : des élèves heureux, des enseignants détendus, travaillant en équipe… et respectés.

La réforme du système scolaire finlandais dans les années 70 a redéfini des programmes nationaux, imposé des classes hétérogènes et une prise en compte de l’enfant dans la globalité de sa personne (éducation, difficulté scolaire, santé, élaboration et suivi progressif d’un projet personnel éducatif..) dans un cadre difficilement transposable à la France puisque les écoles sont sous la totale responsabilité des municipalités. Mais elle a aussi redessiné le métier d’enseignant en le revalorisant au sein de la société. En plus de la confiance qui leur est accordée, les enseignants ont une vraie prise sur leur emploi du temps et leur façon de travailler : c’est Ilkka et son équipe qui en début d’année répartissent le volume d’heures d’enseignement dont ils disposent. Ce volume est fixé en fonction du nombre d’élèves et de classes (20 élèves maximum) car en fonction de leur âge, les élèves n’ont pas le même nombre d’heures de cours. A partir de là et grâce à la déconnexion du temps élève du temps enseignant, tout est possible, en fonction des classes, des projets, des besoins : certaines heures avec « sa » classe, des échanges de service, du travail en demi groupe, des parcours plus individualisés pour les élèves en difficulté… et même quelques heures supplémentaires.

Côté hiérarchie on est dans le même traineau. Pas d’inspection, pas de note, pas de contrôle tatillon, une liberté pédagogique totale, une progression de carrière identique pour tous et basée sur l’ancienneté. Une formation initiale universitaire théorique et pratique de qualité d’au moins 5 ou 6 ans, puis des entretiens réguliers afin de définir et permettre des formations continues en milieu universitaire ou des évolutions de carrière. De quoi glaner quelques bonnes idées même si les modèles sont rarement transférables d’une culture à l’autre.

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Passer à 21+3
- Préparer la classe du temps après l’école
- Finlande : une bonne dose de confiance
- Métier : parler de tant de travail
- Enquête : La face cachée du métier
- En BREF
- « Un travail ostentatoire et ignoré en même temps »