Dossier "Les parents à l’école : Entrer sans frapper"
Trois questions à Paul Raoult, président de la FCPE :« Expliquer pour recueillir l’adhésion des parents »
15 décembre 2014

Comment voyez-vous évoluer les relations parents-enseignants  ?

Les parents s’intéressent aujourd’hui plus qu’il y a 20 ou 30 ans à ce qui se passe à l’école. De son côté l’Éducation nationale s’attache à reconnaître la place des parents dans l’école et c’est inscrit dans la loi de la refondation. Médias et réseaux sociaux avec leur effet amplificateur donnent peut-être l’impression que les relations se dégradent mais rien ne permet de l’affirmer. Les gilets jaunes ou la JRE sont des épiphénomènes, peu représentatifs qui cachent des débats politiques ou de société loin des questions scolaires. L’enquête de Georges Fotinos a fait état de désaccords entre parents et enseignants mais il est sain qu’ils existent car la coéducation, ce n’est pas « on pense tous la même chose ».

Comment la définir ?

Il y a parfois des chocs de culture entre ce que les familles transmettent à leurs enfants et ce que l’école leur apprend. Mais l’enfant ne doit pas avoir à choisir entre le maître ou la maîtresse et ses parents. Il faut faire comprendre aux parents que l’école ne remet pas en cause leur parole, accepter que des visions différentes des choses puissent s’exprimer, expliquer que l’école remplit son rôle en ouvrant les enfants à l’esprit critique. Chacun doit aider de sa place l’enfant, l’élève dans son évolution. Mais les enseignants doivent faire un effort d’explication pour recueillir l’adhésion des parents car l’incompréhension est la cause de la plupart des conflits. Cela fait partie de leur travail et ils le font dans la plupart des cas.

En quoi le statut de parents délégués que vous revendiquez peut-il être un plus ?

Nous souhaitons des élus reconnus au niveau départemental ou régional pour donner plus de poids à la parole des parents dans les institutions qui vont découler des réformes territoriales et de la refondation. Mais les parents élus de notre fédération peuvent déjà jouer localement un rôle de médiateur en accompagnant par exemple les parents lors d’une rencontre avec les enseignants. Cela permet de traduire les attentes de l’école surtout pour les familles qui n’en possèdent pas les codes. Pour toucher ces parents là, nous travaillons à de nouveaux partenariats, au-delà de l’école, avec les travailleurs sociaux par exemple.

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- Rapport assemblée nationale : développer la coéducation
- Trois questions à Paul Raoult, président de la FCPE : « « Expliquer pour recueillir l’adhésion des parents » »
- Nîmes : Et si on prenait un café à l’école  ?
- Pays de Gex (01) : Les enseignants font tampon
- Entretien avec Gilles Monceau, professeur en sciences de l’éducation, laboratoire EMA, Université de Cergy-Pontoise : « Jouer sur les ambiguïtés »