Etude sur les acquis des élèves : La maternelle toujours en quête d’équilibre
16 septembre 2013

La publication d’une nouvelle étude de la DEPP sur le niveau des acquis des élèves en CP vient de relancer un débat sur le rôle de notre école maternelle. Pour certains, les progrès constatés seraient le fruit des politiques menées à la maternelle ces dernières années et notamment des programmes très contestés de 2008.

Soyons sérieux ! Il ne faudrait pas faire dire à cette étude ce qu’elle ne dit pas. Les résultats ne permettent pas de conclure aux bienfaits de la primarisation de la maternelle et encore moins aux vertus des programmes de 2008.

Les progrès les plus importants, phonologie, pré-lecture, écriture, numération, concernent des domaines qui étaient déjà présents dans les programmes de 2002 et enseignés dans les classes. De plus, ces compétences font surtout appel à des activités d’entrainement - au demeurant nécessaires - mais pas suffisantes pour que les élèves développent toutes leurs capacités. Le langage oral, grande priorité de la maternelle, les compétences sensorielles, motrices, culturelles, la socialisation, qui se travaillent à travers le jeu, les manipulations, les activités de découverte, les rencontres avec les albums de littérature de jeunesse,... ne sont pas évaluées par cette étude. Or, ces activités permettent aux enfants de développer leur langage et leur compréhension qui sont incontournables pour devenir un bon lecteur. De fait, il faudra aussi regarder avec beaucoup d’attention les résultats obtenus par ces mêmes élèves en début de CE2 en français comme en mathématiques et qui devront être rendus publics en 2014.

La maternelle, méprisée et déstabilisée ces dernières années, a bel et bien besoin de se construire une nouvelle identité. Dans cette optique, on ne peut que souscrire au propos du Ministre paru dans le journal Le Monde du 14 septembre dernier qui déclare qu’ « il faut restituer à la maternelle son équilibre » entre le nécessaire épanouissement et les indispensables premiers apprentissages. Mais, on ne redessinera pas la maternelle sans mettre en œuvre un grand plan de formation initiale et continue spécifique à la maternelle alimenté par les récents travaux de la recherche. Le SNUipp-FSU en appelle à un vrai changement de cap. L’urgence est d’autant plus grande que si des premiers progrès sont constatés, 26 % d’enfants à l’entrée au CP ont un niveau de performance encore trop insuffisant. Personne ne peut se satisfaire de cet état de fait. Il n’y a pas de temps à perdre.

Paris, le 16 septembre 2013