Dossier "L’enfant perturbateur : un "cas" d’école"
« Entendre et accompagner les enseignants »
5 mai 2014

Trois questions à Maryse Charmet, rééducatrice et présidente de la FNAREN

Trois questions à Maryse Charmet, rééducatrice et présidente de la FNAREN*

- Les RASED sont sollicités pour gérer les élèves perturbateurs, pourquoi ? Le dispositif RASED constitue une réponse pertinente à la prise en charge des élèves « perturbateurs  », quand les aides proposées par les enseignants ne permettent pas de dépasser certaines difficultés, d’appréhender leurs origines plurielles ou de les approcher globalement. Nous sommes des ex-pairs formés à la difficulté scolaire. L’enjeu n’est pas de substituer une aide à une autre, mais bien de trouver l’aide adaptée à la situation, initiée par le RASED ou co-construite avec l’enseignant.

- Quelles aides peuvent apporter les maîtres G ? Il s’agit de proposer, dans l’école, des voies alternatives d’aides, un cadre contenant et conteneur, une relation ajustée et les médiations nécessaires pour que l’enfant puisse se représenter le monde, se mettre en projet, s’exprimer, se mettre en jeu dans son projet scolaire, tout en enrichissant ses compétences sociales. L’aide rééducative intervient par nature principalement en dehors de la structure classe. Sortir de la classe si nécessaire pour mieux s’y réinscrire. L’écolier est considéré dans sa globalité d’enfant, avec son histoire et dans l’unité de son développement corporel, cognitif, affectif, social. En s’appuyant sur ses ressources personnelles et par l’acquisition de nouvelles compétences transférables dans son projet scolaire dont une meilleure estime de soi, la rééducation aide l’enfant à enrichir ses représentations, faire des liens entre son monde privé et le monde scolaire, mieux comprendre les attentes scolaires et ainsi mieux se développer ensuite à l’école.

- Et la prévention ? Le plus tôt possible, dès la maternelle, pour anticiper l’apparition de ces difficultés. Nous avons là des propositions : développer la réflexivité des enseignants et les pratiques collaboratives en les aidant à analyser les difficultés, traquer les générateurs d’une détérioration du climat scolaire, favoriser les solidarités. Il faut aussi faciliter les différents passages, accompagner les familles, enclencher le langage et le processus de symbolisation, et favoriser le dialogue parfois rompu entre l’institution et les familles à l’entrée au collège...

* Fédération nationale des Associations des Rééducateurs de l’Éducation Nationale

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Une prise en compte institutionnelle
- Historique : passés au premier rang
- « Entendre et accompagner les enseignants »
- Protocole dans la Loire : mieux voir le trouble
- En bref
- Gestion collective à Toulouse : l’autonomie dans le cartable
- « L’école comme un cadre structurant et apaisant »