DOSSIER : « POUR QUE L’EQUIPE DECOLLE »
Ensemble, c’est tout ?
28 août 2015

Le travail en équipe est fortement prescrit dans les nouveaux textes. Injonction paradoxale car le temps qui lui est consacré et les modalités proposées pour sa mise en oeuvre ne répondent plus aux besoins des écoles et des enseignants.

« Au sein de chaque école maternelle, les enseignants travaillent en équipe afin de définir une progressivité des enseignements sur le cycle » peut-on lire dans les nouveaux programmes de la maternelle. Et ceux en projet pour l’élémentaire précisent que c’est aux enseignants d’exercer «  leur expertise individuelle et collective  » pour trouver les modalités les plus appropriées à leur mise en oeuvre. Dans les nouvelles prescriptions, plus encore peut-être que dans les précédentes, le travail en équipe est convoqué par l’institution. Il fait d’ailleurs partie des compétences professionnelles de l’enseignant qui doit non seulement « coopérer au sein d’une équipe » mais aussi « s’engager dans une démarche collective de développement professionnel ». Une injonction bien paradoxale puisque cette professionnalité est exigée sans qu’on donne aux enseignants des moyens supplémentaires en temps et en formation pour l’exercer.

48 heures fléchées : trop ou trop peu ?

48 heures des obligations de service sont plus ou moins fléchées comme devant être consacrées à du travail en équipe. Mais c’est peu s’il faut pour toutes les disciplines « déterminer en conseil de cycle les progressions dans les contenus et les démarches en fonction de la situation et des besoins » comme cela est recommandé pour l’enseignement moral et civique. Et c’est trop par contre si on n’outille pas les équipes pour que les enseignants puissent travailler ensemble, analyser leurs pratiques, comprendre les difficultés des élèves pour les mettre en réussite.

Le référentiel de l’éducation prioritaire pointe bien d’ailleurs les manques actuels puisqu’il rappelle la nécessité « d’identifier et déterminer  » les objectifs du travail en équipe que ce soit pour le suivi des élèves ou la préparation des séances d’apprentissage. Les temps de travail en équipe doivent donner «  davantage de sens et de forme » aux instances existantes mais aussi «  prendre des formes nouvelles » comme par exemple « la préparation et l’analyse commune de séquences et d’évaluations […] ou la mise au point de projets de co-intervention. » La preuve que le travail en équipe ne peut se satisfaire d’une prescription mais doit s’ancrer dans le travail réel des enseignants au risque de devenir plus une contrainte qu’une ressource.

L’ensemble du dossier :
- Présentation du dossier
- Ensemble, c’est tout ?
- « Reconnaître les dimensions collectives du travail » / Trois questions à Patricia CHAMPY-REMOUSSENARD
- Alençon : Avec du temps...
- Un collectif choisi : l’AGEEM , précieuse en Gironde
- Entretien avec Vincent Dupriez : « Tout a été fait pour séparer les enseignants »