Au moment où les PE commencent à différer leur départ en retraite, les scénarios envisagés accentuent une baisse des pensions.
Les effets de la réforme 2003 se font déjà sentir de manière significative. En 2007, les professeurs des écoles avaient déjà reculé leur âge de départ d’un an, pour atteindre « 56,1 »ans, alors même qu’ils étaient plus de 30% à, déjà, subir une décote de 4 trimestres en moyenne. Qu’en est-il exactement pour les départs au 1erseptembre 2009 alors que la réforme monte régulièrement en puissance ? Ses pleins objectifs seront atteints en 2020 avec 167 trimestres exigés (41,75 années).
En 2007, l’âge moyen des reçus au concours externe PE était de 28,6 ans. Même en admettant qu’ils puissent faire valider quelques trimestres durant lesquels ils ont travaillé durant leurs études ou avant de passer le concours, il ne semble guère possible qu’ils puissent éviter une « grosse »décote s’ils veulent partir avant 65 ans. Quant à avoir une retraite complète… à 69 ans en maternelle, il vaut mieux avoir un dos, des oreilles et des nerfs en bon état.
Mais le calcul du montant de la pension n’est pas seulement dépendant de la durée de cotisations et de la décote : il est calculé à partir des derniers salaires. En 2009, 38,9 % des PE sont partis au 10ème échelon, 24% au 11ème et seulement 23% à la hors-classe (dont 2% à l’indice terminal). Ceci a deux conséquences : la nécessité de conserver à tout prix le calcul sur les six derniers mois ; l’importance d’obtenir un rythme d’avancement plus rapide afin que tous puissent partir à l’indice terminal 783. Le taux de remplacement (rapport entre le dernier salaire et le montant de la pension) chute fortement avec la réforme de 2003. Quels peuvent être les effets supplémentaires des différents scénarios évoqués en 2010 ? Les leviers sur lesquels le gouvernement semble résolu à vouloir jouer sont ceux d’un allongement de la durée de cotisation, du report de l’âge légal de départ à la retraite et, de l’allongement de la période de référence servant de base au calcul du montant de la pension. Le SNUipp a réalisé des projections sur la base de scénarios théoriques prenant en compte ces données. f1 travers deux profils type, celui de Justine et de Marion (lire ci-dessous), on peut commencer à estimer l’ampleur des pertes de revenus que généreraient pour les enseignants les pistes privilégiées par le gouvernement.
[*- Justine, 46 ans, deux enfants, veut faire valider ses droits en 2020, à 56 ans après 31,5 années de service à temps plein et 6 années de service à mi-temps, au 11ème échelon. Son traitement est de 2530€. Avec les règles actuelles, le montant de sa pension est de 1435 €. En supposant que d’ici là, il y ait un report des âges légaux de 2 ans et un allongement de la durée de cotisation de 8 trimestres, sa pension nette passe à 1378 € et de surcroît elle est obligée de travailler jusqu’à 57 ans.*]
[*- Marion ,42 ans, a été recrutée en 1992 à l’âge de 24 ans et a eu 2 enfants. Elle fait valider ses droits à 60 ans (en 2028) après 36 années de service, au dernier échelon de la hors-classe. Son salaire net est de 3011€. Avec le système actuel sa pension nette serait de 1667 €. Avec un calcul sur les 25 meilleures années, sa pension nette chuterait à 1315 €.*]