Dossier : "L’évaluation des enseignants : un projet qui dénote "
Enquêtes : Des différences d’appréciation !
5 décembre 2011

En 2003, un avis du Haut Conseil et en mars 2011, une consultation du ministère : l’évaluation des enseignants fait débat depuis longtemps.

En février 2003, le Haut Conseil de l’évaluation de l’école (Hcéé) pointait déjà des constats critiques sur l’évaluation professionnelle des enseignants. Un dispositif jugé « plus d’inspection et de notation que d’évaluation », « peu équitable », produisant « des injustices avec des conséquences sur la carrière et les rémunérations », suivi « de peu d’effets sur les pratiques... en laissant de côté des pans importants du métier » : pour le Hcéé, il devenait indispensable de «  formaliser ce que sont les fonctions enseignantes... qui doivent rester structurées dans la classe ».

L’objectif de l’évaluation, pour le Haut Conseil, doit être connu : contrôler la qualité du système et l’améliorer ; conseiller, guider, aider et permettre la réflexion individuelle et collective ; faciliter les parcours valorisants ; reconnaître et valoriser l’atteinte des objectifs de l’école.

Aider, accompagner

Si le Hcéé avait appuyé son avis sur les rapports Chassard-Jeanbrau et Attali-Bressoux, consultables sur son site internet, la consultation organisée par le MEN en mars 2011, via le cabinet privé Alixio, se soucie moins d’une réelle représentativité ni de prises en compte distinctes des réalités très différentes entre l’évaluation des personnels du premier et du second degré. Mais on y retrouve les mêmes mots clefs : les enseignants veulent une évaluation qui soit essentiellement guidée par la volonté d’aider, de valoriser, d’accompagner. Un consensus est-il dès lors possible pour faire de l’évaluation un levier de valorisation et d’amélioration du travail enseignant ?
A voir les projets du ministère, il semblerait que non.


PAROLES

- Robert 5 inspections , Nièvre

  • « Ce sont des moments faussés. L’inspecté veut se montrer sous son meilleur jour et l’inspecteur n’a qu’une vision tronquée du travail de l’inspecté. Ce moment pourrait être mieux utilisé s’il durait plus longtemps et servait à aider l’équipe de l’école à mieux travailler. »

- Chantal 8 inspections , Landes

  • « Pour passer au 11e échelon, avant la retraite, j’ai demandé une dernière inspection. J’ai pu parler de mon travail, de mon quotidien, de mes questionnements, montrer mes dernières recherches et petites trouvailles... On m’a écoutée, c’est une forme de reconnaissance... rare. »

- Aurélie T1 dans l’Yonne

  • « Ma première inspection, j’en attends un retour sur ma pratique de classe. Je souhaiterais par exemple des informations pertinentes sur la différenciation pédagogique au sein de ma classe, sur comment faire face au handicap quand on n’y est pas préparé. »

- Estelle 3 inspections , Seine -et -Marne

  • « De la pure notation arbitraire sans aucun conseil formateur, pas un regard extérieur sur notre travail, pas d’échange constructif. J’attends qu’on reconnaisse le travail que j’effectue et sa pertinence et qu’on évalue la qualité de ma relation avec mes élèves. »

L’ensemble du dossier :

- Présentation du dossier
- Engager une réflexion
- « Un outil pour piloter l’action »
- Inspection : vers un entretien professionnel ?
- Déroulement de carrière : Dégradations et arbitraire en vue
- Projections de carrière
- Enquêtes : Des différences d’appréciation !
- Un renouvellement des modèles de référence ?