PISA
En France, des inégalités qui s’accroissent
11 décembre 2013

[Fenêtres sur cours] a interrogé Sophie Vayssettes, analyste à la direction éducation de l’OCDE sur les résultats de la France à la dernière enquête PISA.

L’OCDE a publié les résultats des évaluations PISA 2012. Quels en sont les éléments marquants ?

En dehors du fait que la France se tienne toujours dans la moyenne des résultats des pays de l’OCDE en français et en sciences, avec une baisse notable de ses résultats en maths, le fait marquant est l’accroissement continuel des inégalités dans notre système scolaire, et cela depuis 10 ans. L’impact socio-économique sur les élèves des milieux défavorisés ne leur donne qu’une chance sur cinq de réussir contre une sur deux à Shanghai par exemple. Alors que la France est reconnue comme porteuse de valeurs d’égalité, son école souffre d’injustice chronique.

Quelques évolutions positives par rapport aux évaluations de 2009 ?

Oui, des améliorations en compréhension de l’écrit, avec un score de 505 points contre 496 en moyenne dans les pays de l’OCDE. La France retrouve son niveau de 2000, et c’est principalement dû aux résultats des filles. L’écart entre les sexes est passé entre 2000 et 2012 de 29 à 44 points en faveur des filles. Mais là aussi, des inégalités : la proportion d’élèves très performants en compréhension de l’écrit a augmenté de quatre points et celle des élèves peu performants de quatre points aussi...

Comment améliorer les performances des élèves français ?

Prendre exemple sur les pays qui améliorent leurs performances. Ils ont centré la transformation de leurs systèmes éducatifs sur les enseignants : les attirer, les former, les accompagner et les retenir. Par des incitations financières, envoyer les meilleurs étudiants, les meilleurs chefs d’établissements dans les zones difficiles ; bien former les enseignants aux apprentissages, les aider à cibler les difficultés et apprendre à les résoudre, donner des programmes aux objectifs clairs ; entrer dans le métier avec des tuteurs, retourner à l’université en début de carrière pour bien mêler savoirs et savoir-faire ; proposer des salaires très intéressants... Dans la loi de refondation, il est étonnant de constater l’absence d’une vraie formation continue. À Singapour, 100 % des enseignants bénéficient de formation continue tout au long de leur carrière.

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