Programmes 2008
Écrit : l’ignorance des fondamentaux de l’apprentissage
22 septembre 2013
  (1 vote)

Roland Goigoux, professeur en sciences de l’éducation, dénonce une nouvelle façon d’aborder l’écrit en maternelle qui assigne à la Grande section les missions normalement dévolues au CP.

Une définition erronée du principe alphabétique

« Selon les nouveaux programmes, « une lettre transcrit un son ». Cette définition, erronée dans un système orthographique comme le nôtre, est évidemment différente de celle des programmes de 2002 : il s’agissait alors de faire comprendre aux élèves l’existence de relations entre les sons (phonèmes) et les lettres (graphèmes) … et sans leur faire mémoriser précocement les règles de correspondance graphèmes - phonèmes, mission assignée au cours préparatoire . »

La méconnaissance des processus d’apprentissage

« L’enseignement du langage écrit ne repose plus que sur trois ensembles d’activités (phonologie, compréhension du principe alphabétique et calligraphie) : on écarte la lecture de mots entiers, la mise en correspondance entre chaîne orale et chaîne écrite (par exemple pointer du doigt les 4 mots « Le petit chaperon rouge » tout en les prononçant) et les ateliers d’écriture dans lesquels les élèves se risquaient à une écriture tâtonnée. Ce n’est plus un retour aux fondamentaux de la connaissance, c’est l’ignorance des fondamentaux de l’apprentissage. »

Priorité à la valeur sonore des lettres

«  L’écriture est assujettie à l’apprentissage de la valeur sonore des lettres. On exige que les élèves apprennent à tracer une lettre en écriture cursive « après avoir appris le son qui est transcrit par cette lettre » et que l’activité de copie porte sur des « mots simples dont les correspondances entre lettres et sons ont été étudiées ». Alors que les programmes 2002 insistaient, à juste titre, sur le nom des lettres, les nouveaux programmes font de l’apprentissage de leur valeur sonore une priorité ».

Confusion entre les buts et les moyens

«  Une extrême confusion règne sur les objectifs éducatifs assignés à l’école. Il n’est pas acceptable, par exemple, d’affirmer qu’à la fin de l’école maternelle, « l’enfant devra être capable de […] : éprouver de la confiance en soi ; contrôler ses émotions ». De telles formulations, qui confondent souvent buts et moyens pour les atteindre, ne relèvent pas de programmes scolaires : quel enseignant saura enseigner et évaluer la confiance en soi ? »