Dossier "Pour que les RASED retissent leur toile"
École des Provençaux à Reims | Une équipe augmentée
19 juin 2016

Dans ce quartier de Reims, le réseau d’aide est implanté au cœur de l’école des Provençaux. Une proximité et un travail en équipe élargie nécessaires et bénéfiques.

« C’est quoi le bonheur ? » se demandent aujourd’hui les élèves de CE2-CM1 de Caroline. Comme toutes les quinzaines, l’atelier philo est animé par Natacha, la psychologue scolaire dont le bureau est installé à l’école des Provençaux. On est à Reims mais ici, on dit plutôt qu’on habite à QCR. « Quartier Croix-Rouge », un des plus grands de France avec ses 20 000 habitants, si proche et si loin pourtant du cœur historique de la ville ou de ses vignes célèbres. Dans le sous-quartier « Pays de France », encore en rénovation urbaine, l’école, classée en REP+, accueille 240 élèves.

Rencontres formelles et informelles

Pour les élèves de l’atelier, le bonheur c’est « avoir le dernier modèle de PlayStation » ou « passer de bons moments en famille ». Comme en écho, Muriel, la directrice, explique les difficultés économiques et sociales qui touchent ici les familles dont beaucoup viennent de l’étranger ou de Guyane et dont la moitié sont monoparentales. « Un quart des élèves arrive ou part de l’école en cours d’année, en ayant suivi une scolarité plus ou moins régulière » dit-elle. Alors, si la psychologue, qui a quand même 1 600 élèves dans son secteur, prend le temps de suivre cette classe régulièrement, c’est pour y favoriser l’intégration de certains élèves et la cohésion de la classe. Stella maîtresse E attachée à l’école se concentre sur les difficultés scolaires. Cet après-midi, comme 3 fois par semaine, elle participe aux ateliers type MACLÉ* qui sont organisés au CE1 puis au CE2.

Des séances décloisonnées par groupes de besoin qui ont lieu aussi au CP et complètent ses interventions avec de petits groupes décrochés de la classe. « Cette formule d’ateliers où on fait tous la même chose en même temps stigmatise moins les élèves en difficulté » pense Caroline et pour Marie-Odile, maîtresse de CP, « elle favorise les progrès et les passerelles entre les groupes ».

Le RASED est ici au cœur de l’école, intégré à son fonctionnement pédagogique. Natacha, Stella, et leur collègue Catherine, la maîtresse G qui intervient davantage en maternelle, sont présentes, joignables, on les voit dans les réunions institutionnelles, les conseils, les équipes éducatives, mais aussi dans les journées de décharge REP+. Elles peuvent se rendre disponibles pour rédiger un GEVASCO, rencontrer une famille, reparler d’un élève, mobiliser les bons partenaires. « Ce n’est pas une équipe à côté de l’équipe » confirme Muriel, « on travaille ensemble ». La salle des maîtres en est témoin quand, véritable poumon de l’école, elle favorise les échanges informels autour du café ou du repas. Caroline apprécie cette proximité du RASED qu’elle n’avait pas rencontrée ailleurs. Pour Thomas, maître de CE2, elle permet « d’étayer le regard des enseignants et de se décentrer de ce qui se passe en classe. Stella et Natacha nous alertent ou au contraire nous rassurent sur certains élèves », ajoute-t-il. Une prise en charge collective des élèves, de leurs problèmes de comportement ou de leurs difficultés scolaires nécessaire à tous.

*Module d’approfondissement des compétences en lecture-écriture

EN BREF

MAÎTRES G
EN CONGRÈS


« Une mise en pensée(s) à l’École avec le rééducateur de l’Éducation nationale : Se mettre à penser ... Ce maître à panser ? », c’est cette invitation qui est lancée aux maîtres G pour le prochain congrès de leur Fédération nationale, la FNAREN, du 29 juin au 2 juillet prochains à Nantes.

Comment « mettre en lien les apprentissages, leur donner du sens, acquérir une culture commune par l’approche littéraire et artistique, se dégager de la peur et de l’agressivité ? » _ Quel espace pour « apprendre à penser » à l’école ? Ces questions seront débattues entre praticiens de terrain et intervenants.

www.congres-fnaren-2016-nantes.com

EN BREF

MAÎTRES E
EN COLLOQUE


C’est à Tours que se donnent rendez-vous les maîtres E, du 17 au 19 novembre prochain, pour leur colloque annuel qui aura pour thème « Quelles médiations pour apprendre, les interactions dans la relation pédagogique ».

Ces journées seront rythmées par les interventions combinées d’universitaires en sciences de l’éducation, mais aussi de médecins et de psychologues. José Puig, directeur de l’INSHEA, y dira en quoi selon lui, le maître E est « un acteur clé de l’école inclusive ».

www.fname.fr

EN BREF

PSYCHOLOGUES
LE NOUVEAU CORPS À LA LOUPE


Créer un nouveau corps de
« psychologues de l’Éducation nationale » regroupant les psychologues scolaires et les co-psys, ce n’est pas rien.

Un décret officialisant cette création, devrait être publié en septembre ou octobre prochains et s’appuyer sur les éléments fondamentaux inscrits dans les « fiches métier ».

Statut, recrutement, formation, modalités d’intégration, salaires et indemnités, le SNUipp-FSU est très présent dans tous les groupes de travail comme force de proposition et pour défendre les intérêts des personnels. Il rend compte régulièrement de l’avancée des travaux sur son site.

Rubrique l’école/ le système éducatif


L’ensemble du dossier

- Présentation du dossier
- RASED - Pour les enseignants ou pour les élèves ?
- « L’intermétier, un espace professionnel commun », 3 questions à Corinne Mérini, enseignante-chercheure en sciences de l’éducation (Acté, Université de Clermont-Ferrand)
- École des Provençaux à Reims - Une équipe augmentée
- Dispositif d’aide à Paris - R’école ou l’urgence de la médiation
- « Une approche plus systémique de la notion de difficulté scolaire » - Entretien avec Philippe Mazereau, enseignant chercheur